Deux décennies d’élections à Saint-Rémy
- Par Hervé Chérubini » 6 mai 2007 » Mémoire des élections 2007
Elu municipal à Saint-Rémy depuis près de 20 ans, j’ai archivé les résultats électoraux de tous les scrutins sur cette période. L’analyse de ces deux décennies me conduit à plusieurs constats :
1°) Depuis 1988, les Saint-Rémois votent à droite aux élections présidentielles, sans exception au 1er et au 2e tour (1988, 1995, 2002, 2007).
2°) Ils font de même aux élections législatives (1988, 1993, 2002), à l’exception de 1997 (cas particulier, le maire de la commune étant candidat, il a bénéficié des traditionnelles « voix du maire » : électeurs qui votent la proximité, en faveur du candidat qu’ils connaissent ; même si le candidat PS a été battu sur la circonscription).
3°) Ils votent plutôt à gauche aux élections locales : aux municipales (1989 : Pampaloni, 1995 : Chérubini, 2001 : Palix, 2005 : Chérubini), aux régionales et cantonales (en 1992 : Gaudin / Pampaloni, en 1998 et 2004 : Vauzelle / Chérubini). Depuis 1995, six des sept consultations locales ont été remportées par des candidats de gauche.
4°) Sur la période (à une exception près, les années 2001-2004, mandat de M. Palix), les Saint-Rémois ont toujours choisi un maire « en opposition » au Président de la République. De 1989 à 1995, M. Pampaloni a effectué son mandat pendant la présidence de M. Mitterrand. En 1995, alors que la présidence basculait à droite en mai avec l’élection de M. Chirac, Saint-Rémy faisait l’inverse en juin, un mois plus tard !, en choisissant la liste Chérubini. Début 2005, les Saint-Rémois ont à nouveau voté aux élections municipales, a contrario de ce qu’ils avaient choisi aux présidentielles de 2002.
5°) Concernant les élections européennes, le choix des Saint-Rémois est particulièrement surprenant et complètement disparate. Ils ont placé en tête : la droite (Baudis) et les divers gauche (Tapie) en 1994, les chasseurs (CPNT) et le PS en 1999, le PS et l’UMP en 2004 !!!
En résumé, on peut dire que depuis 20 ans, les électeurs saint-rémois votent à droite aux élections nationales (présidentielles, législatives), de manière très diverse aux élections européennes et plutôt à gauche (surtout depuis 1995) aux élections locales.
Nicolas Sarkozy est donc élu président de la République. Il réalise un très bon score à Saint-Rémy (62,75 %) se rapprochant ainsi des 63,28 % que j’avais obtenus au cantonales 2004 !!…
Résultats du second tour
- Par Hervé Chérubini » 6 mai 2007 » Mémoire des élections 2007
A 20h ce soir, les médias ont annoncé les premières estimations du second tour de l’élection présidentielle, confirmant la victoire annoncée de Nicolas Sarkozy.
Je vous livre les chiffres de la commune de Saint-Rémy, fournis par les services municipaux :
Inscrits : 7675
Votants : 6643
Exprimés : 6349
Ségolène Royal : 2365 voix, soit 37,25 %
Nicolas Sarkozy : 3984 voix, soit 62,75 %
Je donne rendez-vous aux électeurs les 10 et 17 juin pour le scrutin législatif. Je vais m’engager fortement aux côtés de Jacky GERARD, conseiller général et maire de Saint-Cannat. Nous avons été candidats ensemble lors des législatives de 2002, j’ai pu apprécier alors son esprit de responsabilité, sa gentillesse et sa compétence.
Je ferai tout pour qu’il arrive en tête lors du premier tour à Saint-Rémy.
« L’étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles » J’avoue ne plus me rappeler s’il s’agit de Rimbaud ou de Verlaine.
Les évêques s’expriment sur la présidentielle
- Par Hervé Chérubini » 2 mai 2007 » Mémoire des élections 2007
Les évêques ont souhaité attiré l’attention sur un certain nombre de valeurs essentielles dans le débat démocratique en élaborant deux documents, Qu’as-tu fait de ton frère ? et Perspectives pour une société plus juste et fraternelle.
A propos de l’ouvrage Qu’as-tu fait de ton frère ?, Mgr Pontier, évêque de Marseille et vice-président de la Conférence des évêques de France, explique : « Nous voulons réveiller le sens humain et spirituel de la fraternité. Pour cela, nous avons retenu cette interrogation fondamentale pour nous. La Bible s’ouvre rapidement sur cette question et, si aujourd’hui nous la redisons, c’est pour réveiller les consciences humaines dans une humanité où chacun est toujours tenté de penser à lui-même avant les autres. C’est une question fondatrice qui signifie : « Réveille en toi le sens de la fraternité ». C’est tellement difficile de faire place aux idées et aux besoins de l’autre. Pourtant, on devient humain les uns avec les autres, les uns pour les autres, jamais les uns contre les autres. Bien d’autres interrogations sous-tendent cette question : « Que fais-tu de cette démocratie ? Que fais-tu de ton pays ? Que fais-tu des autres pays ? Que fais-tu de ta famille ? »"
L’archevêque-évêque de Lille, Mgr Gérard Defois, explique que le texte « a rencontré des attentes et le besoin de situer le politique sur un autre plan que la seule prise du pouvoir, en le centrant sur des questions fondamentales comme la famille, l’emploi, l’accueil de l’étranger.«
Gabriel Nissim, dominicain, ancien producteur de l’émission le Jour du Seigneur, fait encore plus clairement le choix de Ségolène Royal en affirmant qu’ »on ne fait pas campagne contre une partie de la population. Nicolas Sarkozy a désigné un certain nombre d’immigrés comme cause de tous les maux, et ce qu’il a dit sur les dispositions génétiques à la pédophilie ou au suicide est inadmissible de mon point de vue de catholique. Un postulant à la magistrature suprême ne peut pas stigmatiser de cette façon-là des catégories de la population. Personnellement, je ne vois pas comment un catholique, même de droite, pourrait voter pour quelqu’un qui exprime des positions d’exclusion. Pour cette raison, le texte de évêques sur le devoir de fraternité envers les frères et soeurs venus d’ailleurs m’a paru très opportun. Malheureusement je pense que ce message n’a été entendu que par un petit groupe de catholiques.«
Il n’est donc pas vain de le rappeler…
Eric Besson, l’otage phagocyté
- Par Hervé Chérubini » 2 mai 2007 » En débat, Mémoire des élections 2007
Le revirement de l’ancien socialiste Eric Besson, pour lequel on peut parler d’apostasie, me laisse perplexe à plusieurs égards.
En l’espace de trois mois, le député PS (2e circonscription de la Drôme), membre du comité de campagne de Ségolène Royal, a démissionné de son poste de secrétaire national, quitté le PS, publié un livre assassin sur la candidate socialiste, épithalame anticipé de sa mésalliance, et finalement rallié le camp de Nicolas Sarkozy (après l’annonce des résultats du premier tour…) en devenant le coordonnateur du « pôle de gauche » (?!) de l’UMP.
Eric Besson est le maire de Donzère-sur-Drôme, une commune de 4700 habitants. Je m’interroge aujourd’hui sur la réaction des citoyens de gauche qui l’ont réélu maire en 2001 et député en 2002, sur le regard qu’ils lui adressent dans les rues de son village. Je me demande aussi comment la propre majorité municipale de M. Besson, de gauche elle aussi, considère l’allégeance soudaine de celui-ci au chef de file de l’UMP.
Je reste perplexe également devant la façon dont M. Sarkozy exhibe le transfuge, comme par exemple lors de son premier meeting du second tour à Dijon. Acclamé par les militants UMP, Eric Besson m’a rappelé un de ces malheureux otages hagards qui assurent aux télés du monde entier que leurs ravisseurs sont des gens dignes et corrects.
Au-delà du petit jeu des trahisons et des ralliements, somme toute classique, le plus regrettable est que cette alliance contre-nature discrédite la politique, en cédant à un opportunisme peu glorieux au détriment des idées et des convictions. Se prétendre de gauche et rallier ainsi la droite brouille les frontières entre les formations et le message envoyé aux citoyens.
M. Sarkozy lui-même souhaite réhabiliter le débat entre la droite et la gauche et prône une vraie confrontation des idées. Pourtant, avec ce phagocytage d’un homme de gauche, le candidat UMP fait preuve une nouvelle fois de la contradiction éclatante entre ses paroles et ses actes, et jette encore de la poudre aux yeux des électeurs.
Ce dimanche 6 mai, seront-ils dupes ?
François Bayrou sait pour qui il ne votera pas
- Par Hervé Chérubini » 27 avril 2007 » Mémoire des élections 2007
« Je ne sais pas pour qui je voterai, mais je commence à savoir pour qui je ne voterai pas. »
Ces propos de François Bayrou sont explicites lorsqu’on écoute son discours du 25 avril : « Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisi d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment conduisant une politique d’avantages aux plus riches. (…) Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes de la démocratie et la fracture du tissu social ».
Sans commentaire…
Pour Ségolène Royal et contre Nicolas Sarkozy
- Par Hervé Chérubini » 27 avril 2007 » Mémoire des élections 2007
Voici le texte que m’ont fait passer des Saint-Rémois, je l’ai trouvé intéressant et pertinent.
Le 6 mai, nous voterons pour Ségolène Royal et contre Nicolas Sarkozy.
Pour, parce que Ségolène Royal porte la parole et la promesse d’une gauche qui a appris de ses échecs et de ses divisions, qui s’est remise en cause, réinventée et renouvelée. Son pacte présidentiel, sa campagne participative et ses engagements socialistes l’ont montré : elle incarne une France qui ne renonce ni à ses valeurs sociales ni à ses ambitions démocratiques, une France en mouvement, ouverte et créative.
Pour, parce qu’elle place la question sociale au centre de ses préoccupations, soucieuse du sort des travailleurs et opposée à l’oligarchie financière. Parce qu’elle s’engage sur une rénovation profonde de nos institutions, mettant fin à l’abus de pouvoir présidentiel et restaurant la démocratie parlementaire. Parce qu’elle représente une France nouvelle, féministe et écologiste, métissée et universaliste, protectrice et dynamique. Parce qu’elle veut une République de tous et de chacun(e), associant l’intérêt général au droit des minorités, combattant toutes les formes de discrimination, soucieuse du sort des autres et de la paix du monde.
Contre, parce que Nicolas Sarkozy incarne une droite durcie et radicalisée, sous le poids de l’extrême droite, de ses peurs et de ses haines. Sa campagne, ses excès et ses provocations l’ont montré, comme l’avait déjà illustré sa virulence au sein de son propre camp face à ses rivaux. Ses discours opportunistes et ses promesses fallacieuses ne sauraient faire illusion : tout lui est bon pour conquérir le pouvoir. Et tout lui sera bon pour le garder. Car nous le savons d’expérience : tant que nos institutions n’auront pas changé, l’Elysée restera un fortin inexpugnable. Confier la présidence de la République à un tel démagogue, c’est donc prendre le risque d’une confiscation durable du pouvoir au profit d’une caste, d’une bande ou d’un clan.
Contre, parce que, loin d’apaiser les crises dont souffre la France, l’élection de Nicolas Sarkozy les aggraverait. La crise sociale d’abord, parce qu’il entend donner beaucoup plus à ceux qui ont déjà trop, augmenter les privilèges privés et réduire les solidarités publiques. La crise politique ensuite, parce qu’il veut renforcer le pouvoir présidentiel, se donner les pleins pouvoirs au détriment de tous les contre-pouvoirs. La crise identitaire enfin, parce qu’il a une vision ethnique, communautariste, voire religieuse, de la politique, celle-là même qui nourrit le désastreux choc des civilisations.
Aux électeurs du Parti communiste et de l’extrême gauche, qui portent une exigence sociale et internationaliste, aux électeurs des Verts et de José Bové, qui portent une exigence écologiste et altermondialiste, aux électeurs de François Bayrou, qui portent une exigence démocratique et éthique, aux électeurs de droite et du centre, qui portent une exigence de sérieux et de modération, nous disons que seule l’élection de Ségolène Royal peut garantir l’ouverture de ces possibles et le dialogue de ces espérances, dans le respect de leur diversité.
Voter contre Nicolas Sarkozy, c’est éviter le péril d’une France en guerre contre elle-même, en conflit et en crise, divisée et déchirée.
Voter pour Ségolène Royal, c’est faire le pari d’une France réconciliée avec elle-même, en dialogue et en ouverture, élevée et apaisée.
Questions d’entre 2 tours
- Par Hervé Chérubini » 26 avril 2007 » Mémoire des élections 2007
En réponse aux questions d’un internaute sur ce blog (Que pensez-vous de l’attitude de Ségolène Royal demandant une alliance avec F. Bayrou ? Estimez-vous que les électeurs de gauche puissent approuver une telle démarche alors que quelques jours auparavant F. Hollande expliquait que F. Bayrou était un candidat de droite ? Doit-on se parjurer et renier ses idées pour gagner ?)
Ségolène Royal a proposé une rencontre et un débat à François Bayrou. Il n’a jamais été question d’alliance, notre candidate propose de rassembler au 2e tour tous les démocrates qui ne veulent pas du modèle de société souhaité par le candidat UMP.
Il est en effet exact de dire que François Bayrou est un candidat issu des rangs de la droite, à laquelle il a toujours appartenu et avec laquelle il a gouverné. Ceci étant dit, le ton de la campagne de M. Bayrou et le programme qu’il a défendu font qu’aujourd’hui, son
positionnement politique paraît plus proche de Ségolène Royal que de Nicolas Sarkozy. Tous ceux qui ont eu l’occasion de suivre la conférence de presse qu’il a organisée hier auront constaté qu’il a attaqué de manière très virulente le candidat de l’UMP et ses méthodes. Ont été évoqués « la resssemblance avec Silvio Berlusconi », « les pressions, le chantage exercés sur les élus UDF comme dans les Hauts-de-Seine… », et la fameuse phrase : « je ne sais pas encore ce que je ferai lors du 2e tour, mais je sais ce que je ne ferai pas », allusion très claire à son refus de voter pour Nicolas Sarkozy.
Pour gagner une élection présidentielle, il est nécessaire de rassembler sur son nom et son programme plus de la moitié des Français. Je ne vois pas en quoi, faire cela aboutirait à renier ses idées. Ségolène Royal s’est présentée au premier tour en proposant aux français un « pacte présidentiel ». Ce pacte est toujours le socle de ses propositions entre les 2 tours, rien n’a été renié. Il pourra éventuellement être enrichi suite à des discussions avec tous ceux qui souhaitent apporter leur soutien à la candidate.
Je crois que l’on se renierait plus en laissant élire Sarkozy, qu’en acceptant de débattre avec François Bayrou.
Dernier point, l’exemple de Saint-Rémy est là pour démontrer que l’on peut gérer (et bien gérer, je crois !) une collectivité en s’appuyant sur une majorité très large et très diverse. Parmi les 23 élus de la majorité municipale, plusieurs ont voté Buffet, Besancenot ou Bové, d’autres Voynet ou Royal, et certains Bayrou…
Je ne vois pas pourquoi il n’en serait pas de même au niveau national.
Non aux machines à voter
- Par Hervé Chérubini » 24 avril 2007 » Mémoire des élections 2007
Plusieurs Saint-Rémois dont de nombreux amis, férus de nouvelles technologies, m’ont interpellé le jour de l’élection concernant la mise en place de machines à voter dans notre commune. Avant d’avoir pris connaissance des commentaires relatifs au fonctionnement de ces machines, parus dans la presse du lendemain de l’élection, je m’étais permis de leur faire savoir que je n’étais pas favorable à l’installation de ce type de matériel à Saint-Rémy et ce pour les raisons suivantes :
- premièrement, la fiabilité des machines n’est pas encore assurée,
- deuxièmement, la convivialité de l’acte civique du vote ainsi que du dépouillement disparaîtrait en cas d’installation de ce matériel,
- troisièmement, il est important d’avoir à l’esprit que nombre de personnes âgées ont des difficultés pour lire et reconnaître les bulletins, elles préparent donc à l’avance le bulletin du candidat de leur choix parmi ceux qui leur sont adressés dans l’enveloppe électorale ; idem, pour les personnes qui ne savent pas lire, cette partie de la population se retrouverait en grande difficulté face aux machines à voter,
Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, la machine à voter remplace l’isoloir et évite la procédure de dépouillement le soir, mais ne supprime évidemment ni les bureaux de vote, ni les opérations de contrôle de l’identité et de l’inscription sur les listes électorales assurées par les président, vice-président, assesseur, délégué, ni la signature de la liste d’émargement.
Voilà pour les réponses apportées dimanche.
Nous avons tous appris par la suite qu’il y a eu, dimanche, de nombreuses difficultés de fonctionnement avec ces machines. Certaines communes ont terminé leurs opérations de vote plus d’une heure après la fermeture des bureaux. Cela ne fait que me conforter dans mon refus d’installer ce type de machines à Saint-Rémy pour les futurs scrutins. Nous verrons dans quelques années si des systèmes plus fiables, plus accessibles et plus conviviaux sont proposés aux collectivités. Il sera alors peut-être temps de revoir ma position…

