Notre « règle d’or »

Il est particulièrement agaçant, depuis quelques mois, d’entendre la litanie politico-médiatique quotidienne sur les agences de notation. Le suspense est à son comble autour du maintien ou non du fameux « triple A » de la France, enjeu suprême qui dicte des politiques précipitées ayant pour objectif, à court terme, de rassurer la planète finances.
Car perdre le triple A, c’est sombrer dans un cercle vicieux difficile à briser. Les pays européens, trop endettés, ont du mal à rembourser. Le risque pour les prêteurs est donc accru, ce qui provoque une dégradation de la note de ces pays. Les taux d’intérêt alors augmentent, et surenchérissent le coût de la dette… qui devient plus difficile encore à rembourser.

C’est encore plus crispant d’entendre Nicolas Sarkozy et ses amis de l’UMP nous faire aujourd’hui la leçon de l’austérité et réclamer l’inscription, dans le marbre de la Constitution, d’une « règle d’or » devant interdire de dépenser plus qu’une certaine limite.
Crispant car Nicolas Sarkozy lui-même a demandé à l’Europe, en 2007, une dérogation à la règle des 3% de déficit public par rapport au PIB. Crispant car la loi TEPA (« en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat »)(on ne rit pas), dite « paquet fiscal », votée par le gouvernement, a entraîné une baisse considérable des recettes de l’État et a fortement contribué à creuser le déficit. En cinq ans de mandature Sarkozy, la dette est ainsi passée de 1200 à 1700 milliards d’euros – plus 500 milliards !

Et voilà maintenant – en fin de mandat ! – ceux qui ont créé les conditions de l’orage actuel autour du triple A français réclamer cette règle d’or, « une règle de bon sens » selon Jean-François Copé. Ils souhaitent ainsi donner l’illusion de la bonne gestion, et qualifier d’« irresponsables » les socialistes qui, ayant bien compris le piège politique à quelques mois de la présidentielle, refusent de la voter. Ridicule et choquant.

Face à cette tentative de manipulation, je voudrais vous faire part ici de la règle d’or qui sous-tend mon action dans les collectivités où je siège.
À Saint-Rémy, nous avons pris l’engagement fort, en 2005, que le stock de dette à la fin de notre mandat ne soit pas supérieur au stock de dette que nous avons trouvé lors de notre élection en 2005 : 15 millions d’euros. En tenant compte de l’inflation, cela représentera même une diminution substantielle de la dette communale.
• La démarche est identique à la communauté de communes Vallée des Baux – Alpilles, que j’ai l’honneur de présider. Aucune dette, aucun emprunt sur le budget principal de celle-ci. Nous faisons certes des emprunts sur les budgets annexes, mais ceux-ci sont contractés à très court terme (3 ans), le temps par exemple d’acheter des terrains, de les viabiliser et de les revendre aux entreprises, comme à la Massane, pour développer le tissu économique.
• Enfin, je gère les finances du Conseil général des Bouches-du-Rhône depuis 2004. Pour chacun des huit budgets que j’ai élaborés, j’ai veillé à ce que le département demeure parmi les moins endettés de France. La dette par habitant y est très faible : environ quatre fois inférieure à la dette moyenne par habitant des départements.

Je n’ai pas attendu la crise actuelle pour me tenir à ce principe de bon sens, qui place aujourd’hui ces collectivités plus à l’abri que beaucoup d’autres. Si le gouvernement s’en était tenu à des principes aussi élémentaires depuis 2007, nous ne risquerions pas aujourd’hui de perdre notre triple A.

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Je profite de ce billet « finances » pour rassurer ceux qui se seraient inquiétés après la publication de la carte des emprunts toxiques publiée par le journal Libération en septembre dernier.
Sur cette carte, la commune de Saint-Rémy héritait d’une pastille orange, indiquant qu’elle avait une dette risquée contractée chez Dexia.
J’ai précisé lors du dernier conseil municipal que Libération avait utilisé des chiffres de 2009 et que les informations publiées sont donc aujourd’hui inexactes. De nombreuses collectivités citées dans cet article ont écrit à Libération pour s’en émouvoir. Entre 2009 et 2011, nous avons remboursé près d’un cinquième de cette dette, qui a donc nettement perdu de sa dangerosité ; selon le schéma de Libération, nous devrions apparaître avec une pastille jaune. Cet emprunt n’est pas toxique mais structuré.

Rebondissement dans le dossier de la réforme territoriale

Les 55 membres de la commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) des Bouches-du-Rhône s’étaient réunis lundi 5 décembre à Marseille, à la demande du préfet de région Hugues Parant, pour faire adopter leur vision du plan de réforme territoriale proposée par celui-ci au mois d’avril.

À peu près tous opposés au schéma du préfet, nous avions trouvé un consensus (dépassant la majorité des deux tiers demandée par la loi) dans le maintien des structures actuelles, tout en intégrant les dernières communes encore isolées.

Nous coupant l’herbe sous le pied, le préfet a choisi de ne pas prendre en compte notre proposition, qui lui avait été communiquée à l’avance, dans le respect des formes réglementaires. Avant même que notre proposition consensuelle soit soumise au vote, le préfet, rappelant qu’il détient la maîtrise de l’ordre du jour, a indiqué qu’il repoussait l’adoption du schéma au-delà du 31 décembre 2011… c’est à dire très certainement après les élections présidentielles.

Il est désormais clair que la réforme sera un des enjeux de l’élection présidentielle. Si Nicolas Sarkozy est reconduit à la tête du pays, le projet de grande métropole marseillaise pourrait être à nouveau à l’ordre du jour, contre l’avis de huit intercommunalités du département sur neuf.

« Assassénat » de la réforme territoriale

Samedi 1er octobre 2011, une élection historique a eu lieu. A été élu le premier Président du Sénat socialiste, depuis le début de la 5e République. M. Jean-Pierre Bel, dès le premier tour, a rassemblé 179 voix contre 134 pour le Président sortant Gérard Larcher (UMP) et 29 pour la candidate centriste Valérie Létard (Centre).

De nombreux articles ont paru suite à ce séisme politique. Et tous les commentateurs ainsi que les élus interprètent ce score inédit comme un rejet de la politique du gouvernement relative aux collectivités territoriales. Toutes ces réformes (la RGPP, la réforme des collectivités territoriales et celle de la taxe professionnelle) ont été vivement contestées par les élus locaux, dont moi-même, depuis plus de deux ans maintenant. Tous, à droite comme à gauche, dénoncent une politique faite en dépit des recommandations des élus de proximité, allant même contre les intérêts des administrés éloignant les centres de décisions, réduisant leurs prérogatives quant à leurs possibilités d’actions sur leurs territoires.

Hervé MORIN, Président du Nouveau Centre, l’explique ainsi : «  Cette élection, c’est le ras-le-bol des grands électeurs divers droite qui n’ont pas supporté les réformes territoriales et fiscales ratées »

ou encore André DULAIT, Vice-président du Groupe UMP au Sénat, « le Président de la République ne nous a pas forcément rendu service. La réforme territoriale nous effrite. ».

D’autres vont même plus loin « l’inquiétude, l’incompréhension, le rejet suscités par cette réforme sont incontestables » expliquait  Ladislas PONIATOWSKI (Sénateur UMP de l’Eure).

M. Bel, lors de son discours d’investiture, a clairement défini son rôle comme étant de « retisser les liens avec les élus locaux mis à mal par la majorité sortante. » Il convoquera des États généraux des élus locaux afin de revenir sur les effets néfastes de cette réforme. Autant de propositions qui ne font que confirmer ma conviction à lutter contre cette réforme, privant les électeurs d’élus de proximité efficients. Le Sénat a retrouvé sa fonction première : représenter dans le processus législatif les collectivités territoriales et défendre leur existence en tant qu’entités autonomes pourvues d’un véritable pouvoir d’action et d’entreprise.

Une déclaration commune des 9 présidents d’EPCI du département

Les neuf présidents des intercommunalités des Bouches-du-Rhône se sont réunis lundi 12 septembre à Marseille, à l’invitation d’Eugène Caselli, président de Marseille-Provence-Métropole. Au cours de cette réunion, nous avons adopté à l’unanimité la déclaration que je reproduis in extenso ci-dessous.

Huit des neuf présidents des intercommunalités des Bouches-du-Rhône
(à g. : Max Gilles, président de la CCRAD ; à ma droite : Claude Vulpian, président de l’ACCM ;
au centre : Eugène Caselli, président de MPM ; Maryse Joissains, présidente du Pays d’Aix)

« Les présidents des neuf intercommunalités des Bouches-du-Rhône, réunis à Marseille au siège de la Communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole, le lundi 12 septembre 2011 :

1) réaffirment leur attachement collectif aux principes de libre administration et d’auto-détermination des communes et des intercommunalités, en reconnaissant le droit à chaque EPCI de choisir la meilleure des formes d’organisation possible à l’intérieur de ses propres limites géographiques ;

2) confirment leur volonté de créer un pôle métropolitain, outil de coopération au sein de l’espace métropolitain, sous la forme d’un syndicat mixte ;

3) souhaitent que le pôle métropolitain soit porteur de véritables projets au service d’une stratégie territoriale ambitieuse à élaborer collégialement, se déclinant en actions concrètes à forte dimension métropolitaine et utiles à l’avenir des territoires et des populations.

De l’état de leur discussion sur le « processus de création du pôle métropolitain », il ressort les éléments ci-après :

• La gouvernance :
Le pôle métropolitain pourrait revêtir la forme d’un syndicat mixte doté d’un comité syndical restreint avec des critères de représentation prenant en compte la population, mais sans s’interdire pour autant de réfléchir à d’autres tels que la clé de financement ou la nature des projets. Il conviendra d’introduire le maximum de souplesse pour s’adapter aux différentes configurations territoriales et de projets.

Un bureau est également juridiquement possible mais ne paraît pas s’imposer si le conseil syndical demeure resserré.

Une présidence tournante pourrait être décidée.

• Les missions, moyens, modalités d’intervention :
Les neuf EPCI des Bouches-du-Rhône raisonnent en termes de projets et non pas de transferts de compétences. La définition de la notion d’intérêt métropolitain devra prendre en compte cet objectif.
La volonté est de positionner le Pôle métropolitain au niveau de la stratégie territoriale, de la coordination des politiques publiques des partenaires, de la définition du contenu d’actions à forte dimension métropolitaine et de l’organisation de « tours de table financiers ».

Le mode opératoire de la mise en œuvre de la stratégie territoriale et des projets d’intérêt  métropolitain fera l’objet de réflexions complémentaires mais il ressort, à ce stade, que le pôle métropolitain n’a pas vocation, sauf justification particulière, à assurer des maîtrises d’ouvrages d’opérations qui devront davantage relever du niveau des EPCI et de leurs communes avec une coordination par l’outil métropolitain lorsque cela s’avèrera nécessaire.

La question des moyens humains est fondamentale et devra trouver une réponse en fonction de la montée en puissance ; mais le sentiment général est partagé que la structure permanente devra être légère et orientée vers la coordination du travail commun des services des EPCI.

• Les relations avec les autres acteurs publics et la société civile
Les outils de partenariats avec les autres acteurs publics pourront être bi ou multi-latéraux mais une bonne articulation de la stratégie du pôle métropolitain avec le CPER sera nécessaire.

Le travail accompli de manière collégiale par les conseils de développement de Marseille, Aubagne et Aix est considéré comme particulièrement précieux ; il devra se positionner à la nouvelle échelle territoriale en y associant les autres parties du territoire ne disposant pas de telles structures de concertation.

• Le calendrier et la communication méritent un examen conjoint car dans les deux cas ils participeront activement à la réussite de la démarche. Quelques pistes de réflexion ont été évoquées.

4) Considèrent que la réussite de la démarche nécessite un excellent partenariat avec les communes, le Département, la Région et l’État.

5) Affirment leur volonté d’associer les conseils de développement au travers de leurs contributions sur les attentes des acteurs sociaux et économiques.

6) Souhaitent finaliser en 2012 un protocole d’accord qui définira le cadre et les modalités d’intervention du pôle métropolitain, dans l’objectif de sa création en 2013. Ce calendrier réaliste permettra aux intercommunalités de s’engager dans une démarche volontaire qui les garantira du risque futur de toute décision autoritaire.

Consultez les articles sur la réforme territoriale sur le site de la ville

Sur le site web de la ville sont compilés de nombreux articles parus dans la presse papier et internet depuis que le préfet Hugues Parant a rendu public son schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI).

Vous le savez, ce schéma prévoit dès le 1er janvier 2013, dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales, la disparition de notre petite communauté de communes Vallée des Baux-Alpilles. Pour la démanteler : toutes les communes rejoindront l’agglomération d’Arles, sauf Saint-Rémy et Eygalières qui doivent rejoindre la communauté de communes Rhône-Alpilles-Durance (CCRAD), en raison d’arguments très discutables.

J’ai déjà indiqué sur ce blog les raisons qui me font préférer l’agglomération d’Arles à la CCRAD. L’une d’elles est la crainte que Saint-Rémy se retrouve in fine happé par le Grand Avignon, en même temps que la CCRAD. En brandissant cette peur, on m’a souvent reproché de faire du catastrophisme partisan.
Or c’est Marie-Josée Roig elle-même, maire d’Avignon et présidente du Grand Avignon, qui l’a confirmé la semaine dernière lors du dernier conseil communautaire en indiquant : « nous voulons aussi que le nord des Bouches-du-Rhône nous rejoigne et il nous rejoindra ». « Nous n’avons pas à revendiquer, mais nous faisons une demande expresse [au CDCI] pour qu’on n’oublie pas ces communes [de la CCRAD] car elles font partie du bassin de vie d’Avignon. »

Je vous invite à lire ou relire les articles parus, en particulier ceux relatifs à ce conseil communautaire où les choses sont dites très clairement :

http://www.mairie-saintremydeprovence.fr/la-mairie/reforme-territoriale-et-intercommunalite.htm

A propos du RSA…

Le train d’enfer de l’actualité ne laisse aucun répit au blogueur dilettante.
Le séisme politique et le tsunami médiatique de l’affaire Strauss-Kahn ont éclipsé une polémique qui paraît aujourd’hui bien lointaine mais sur laquelle je voudrais revenir, parce qu’elle concerne, l’air de rien, le quotidien de nombreux chômeurs et travailleurs pauvres : l’attaque en règle du RSA par Laurent Wauquiez.

Vous vous en souvenez, Laurent Wauquiez avait déclaré la semaine dernière que l’assistanat était « le cancer de la société » et qu’il fallait plafonner les minimas sociaux pour encourager les chômeurs à travailler.

Je passe sur l’expression employée, « le cancer de la société », qui revient à assimiler les chômeurs à une grave maladie, pour m’en tenir aux faits et aux chiffres.
M. Wauquiez l’affirme : « un couple au RSA peut gagner plus qu’un couple dans lequel une personne travaille au SMIC ». Selon les chiffres du journal Les Échos, auxquels je souscris sans réserve, connaissant bien le fonctionnement du RSA géré par les conseils généraux, un couple au RSA perçoit 588 euros de « socle » RSA et 296 euros d’allocation logement, soit 884 euros au total. En face, un couple touchant un Smic perçoit 1073 euros net de salaire + 181 euros d’allocation d’activité (c’est la partie « bonus » du RSA, qui « récompense » les chômeurs qui se sont remis à travailler) + 112 euros d’allocation logement, soit 1366 euros net au total ; c’est à dire 65% de plus qu’un couple au RSA.

L’objectif du RSA était justement d’atténuer les effets pervers du RMI qui faisaient qu’on pouvait gagner autant en travaillant qu’en restant en chômage. Laurent Wauquiez fait donc preuve d’une méconnaissance manifeste du dossier, bien qu’il ait fait partie en 2008 de la commission qui l’a inventé…

Le ministre cherchait-il à exister en mettant ce sujet en avant dans l’actualité, en dépit des réactions négatives de son propre camp ? Si c’est le cas, on peut constater que la déferlante Strauss-Kahn l’a littéralement balayé.

Réforme territoriale : des économies bien onéreuses

Un article de Patrick Roger dans Le Monde de vendredi illustre de façon étonnante ce que je ne cesse de répéter depuis que Nicolas Sarkozy a annoncé la réforme territoriale : au mieux les économies que le projet doit permettre seront dérisoires, et au pire, la réforme coûtera beaucoup d’argent aux collectivités.

L’une des mesures de la réforme consiste à supprimer les conseillers régionaux et les conseillers généraux, pour n’avoir plus que des conseillers territoriaux siégeant dans les deux assemblées. Moins nombreux à percevoir des indemnités, les conseillers devraient coûter moins cher au contribuable.

Si l’on en croit les chiffres du ministère de l’Intérieur lui-même, rapportés dans cet article du Monde, le montant des indemnités annuelles versées aux conseillers territoriaux devrait se monter à 134,3 millions d’euros, contre les 179,2 millions cumulés actuellement versés aux conseillers régionaux et aux conseillers généraux, soit une économie de 45 millions d’euros.
Considérée en dehors de tout contexte, l’économie paraît élevée ; mais ramenée au budget cumulé des régions et des départements, c’est à dire près de 100 milliards d’euros par an, elle ne représente que 0,045 % ! Négligeable ! Encore moins que ce que l’on aurait pu imaginer.

Mais il y a pire encore : les conseillers territoriaux devraient se réunir dans les actuels conseils régionaux. Mais problème : les conseillers territoriaux étant plus nombreux que les conseillers régionaux, le nombre de siégeants devrait donc y doubler, voire tripler selon les régions (de 43 à 91 dans le Limousin, de 91 à 251 en Midi-Pyrénées). Les infrastructures n’étant pas conçues pour autant de personnes, il faudra les réaménager et les rééquiper, voire les reconstruire entièrement. Et là, ça ne coûtera pas 45 millions d’euros, mais environ 1 milliard, selon l’association des Régions de France.

Intercommunalité …

Je vous invite à lire ces quelques articles parus ces derniers jours dans la presse concernant les propositions de la Commission départementale de Coopération Intercommunale: 

Bonne lecture.

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