Cette vidéosurveillance qui fait débat
- Par Hervé Chérubini » 20 août 2010 » Vie saint-rémoise
Vous avez été quelques-uns à réagir dans un billet précédent sur l’installation à venir de caméras vidéo sur les parkings et aux abords de certains bâtiments publics.
Je tiens à répondre ici au commentaire le plus argumenté, celui de Charlotte Sénaco, qui me donne ainsi l’occasion d’essayer d’expliquer, à tous, notre démarche.
• Vous déplorez en introduction que je ne réponds pas de façon systématique aux commentaires. Autant que possible, j’essaie de répondre à toutes les interpellations ; c’est pour ça que j’ai créé ce blog. Selon les périodes, l’exercice est plus ou moins difficile (et plus ou moins long…) mais dans l’ensemble, je pense que je m’y tiens.
Je reconnais que parfois, des commentaires très virulents, caricaturaux, et tellement « énormes » me poussent à répondre plus rapidement qu’à d’autres qui peuvent se sentir oubliés. J’espère réparer ce tort avec vous aujourd’hui.
• Sur le fond du problème, je partage entièrement votre avis. Je ne suis pas dupe : au niveau national, on essaie d’insister sur l’installation de caméras pour masquer le fait que 9000 postes de policiers et gendarmes ont été supprimés ces trois dernières années, et que 3500 encore vont l’être dans les années à venir. Une fois de plus, on transfère des charges aux collectivités, comme ici avec les caméras vidéo, tout en supprimant des postes au niveau national.
Ceci dit, si une majorité d’élus composant la majorité municipale a souhaité l’installation de « 10 caméras qui protègeraient des sites sensibles comme les parkings et les bâtiments publics » (extrait du texte de la délibération à télécharger ici en PDF), c’est parce que nous pensons sincèrement que cela peut avoir un effet dissuasif sur le nombre d’infractions, comme le vol ou la dégradation de véhicules.
À défaut, il est dit dans la délibération que « l’utilisation de ce système est prévue pour une exploitation a posteriori des images, sauf lors de manifestations dites « à risque ». Les images ne seront donc visionnées qu’en cas de constatations de délits ou de troubles à l’ordre public ». Cela pourra au moins servir à faciliter les enquêtes et mieux identifier les auteurs.
Évidemment, les caméras ne sont pas la panacée. Elles ne régleront pas tous les problèmes de délinquance, mais si elles peuvent faciliter la résolution des enquêtes, je ne vois pas pourquoi s’y opposer.
Après leur installation, au bout d’un an ou deux ans, nous ferons un bilan objectif de la situation.
• Cette décision ne résulte pas d’un caprice ou d’une lubie du maire ou d’un élu, survenu au réveil ou « en se rasant ». C’est le fruit de plusieurs mois de travail et de concertation entre les élus en charge du dossier, de la police municipale et de la gendarmerie, qui nous ont guidé dans le choix d’implantation.
Par ailleurs, c’est un projet qui, exceptionnellement, sera subventionné par l’État : 48 000 euros pour un investissement entre 120 et 170 000 euros. Compte tenu de l’état des finances de la ville, il me semble plus pertinent de le faire cette année ou l’année prochaine avec une subvention, plutôt que d’attendre encore et de ne pas en bénéficier plus tard.
• Quant à savoir si les décisions que nous prenons sont plutôt connotées « de droite » ou « de gauche », en ce qui nous concerne, nous ne nous posons pas la question en ces termes. Nous prenons les décisions en essayant de savoir si elles répondent à une attente des Saint-Rémois et si l’argent public est bien utilisé.
Sur le sujet de la ZAC d’Ussol, je suis régulièrement attaqué « par la droite ». La vidéosurveillance suscite des réactions « à gauche ». Je comprends ces réticences : il y a eu un long débat au sein de la majorité municipale puis au conseil municipal qui a entériné la décision (voir le compte-rendu à la suite de la délibération).
Au final, la règle du jeu démocratique veut que si les gens pensent qu’on a agi dans l’intérêt général, ils seront plus enclins à nous renouveler leur confiance. Si non, ils préféreront d’autres candidats.
• Nous n’avons effectivement pas consulté les Saint-Rémois sur ce sujet.
Nous sommes amenés tous les jours à prendre des décisions. Dans la plupart des cas, nous ne pouvons pas dire si la majorité des Saint-Rémois y est favorable ou non. Nous en discutons au sein de la majorité (23 élus) puis au conseil municipal (29), instances devant représenter la diversité de la population, et nous prenons ensuite nos décisions en notre âme et conscience.
L’idéal serait bien sûr de pouvoir consulter tous les Saint-Rémois pour chaque décision, mais c’est matériellement impossible. C’est pour cela que les citoyens élisent un ensemble de personnes mandatées pour décider et délibérer en leur nom.
Nous nous gardons bien sûr la possibilité de consulter la population pour des investissements très lourds ou des projets pouvant changer significativement l’avenir de la commune (c’est le cas lors des élections où nous soumettons un programme ambitieux). Vous conviendrez que l’installation de dix caméras n’a pas cette dimension.
Marie-Josée Roig lorgne sur nos communes
- Par Hervé Chérubini » 9 août 2010 » Vie saint-rémoise
La Provence du samedi 7 août publie une longue interview de Marie-Josée Roig qui livre son lot de détails très intéressants.
À part un torpillage en règle de la politique du président de la République (« Il y a eu un défaut d’écoute cette dernière année de la part de Nicolas Sarkozy », joli euphémisme pour désigner ce qu’on pourrait plutôt appeler autisme ; mais aussi « il faut remettre la question de la justice fiscale sur l’ouvrage », en référence au bouclier fiscal), la députée-maire UMP d’Avignon répond à une question sur l’agrandissement de l’agglomération d’Avignon. « Dans le schéma idéal, elle doit avancer de l’autre côté de la Durance, s’étendre à des communes du nord des Bouches-du-Rhône comme Châteaurenard, Barbentane, Rognonas. On a vocation à être une intercommunalité à 350 000 habitants. »
Pour arriver à 350 000 habitants, il faudrait non seulement « annexer » Châteaurenard, Barbentane et Rognonas mais aussi toutes les autres communes du nord Alpilles. Cette phrase de Marie-José Roig confirme donc de façon éclatante les craintes que j’exprimais récemment : si la communauté de communes Vallée des Baux – Alpilles (CCVBA) fusionnait avec la communauté de communes Rhône-Alpilles-Durance (CCRAD), il y aurait de fortes chances pour que nous finissions par être phagocytés par le Grand Avignon. C’est l’une des raisons (peut-être la principale…) qui pousse les élus de la CCVBA à se rapprocher plutôt de la communauté d’agglomération du Pays d’Arles.
Par ailleurs, à la question « Avignon est-elle prête à rejoindre le Grand Marseille ? », Mme Roig répond « Une coopération, pourquoi pas. Une réflexion au niveau des transports entre les deux villes, oui. Mais pas une intégration dans le Grand Marseille… Notre territoire est un peu éloigné. »
Je voudrais dire à Mme Roig que nous avons la même réflexion vis à vis du Grand Avignon qu’elle vis à vis du Grand Marseille. Coopération oui, intégration non.

