Edvige, la régression antidémocratique

NB : J’ai écrit ce billet il y a quelques jours mais n’ai pas trouvé le temps de le mettre en ligne depuis. L’actualité va plus vite que moi : suite au tollé général, le gouvernement a annoncé hier qu’il était décidé à mettre de l’eau dans son vin à propos du fichier Edvige.
Je tenais quand même à vous faire part de mon opinion sur ce fichier. Voici donc le billet que j’avais écrit.

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Le gouvernement s’est doté au début de l’été d’un nouvel outil : le fichier Edvige (pour « exploitation documentaire et valorisation de l’information générale »).
Cette base de données personnelles défraie actuellement la chronique, pour être attaquée au Conseil d’État par plusieurs organisations. En cause, le fait qu’elle permet de recenser dès 13 ans, avec de nombreux renseignements personnels, des personnes jugées « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public » (on a vu plus clair) ainsi que celles exerçant, ayant exercé ou ayant sollicité un mandat politique, syndical ou économique, ou encore jouant un « rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Les renseignements en question sont les adresses personnelles, les numéros de téléphone, les adresses électroniques, les signes physiques particuliers, l’origine ethnique, l’immatriculation des véhicules, les informations fiscales et matrimoniales et toutes les données relatives à l’entourage et aux relations personnelles. Pire, ces renseignements peuvent concerner même la santé et l’orientation sexuelle.

Au-delà des amalgames douteux qu’un tel fichier risque d’engendrer (comme, par exemple et au hasard, « personnes exerçant un mandat politique » = « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public »…), Edvige constitue une véritable atteinte aux libertés fondamentales qui sous-tendent l’État de droit qu’est la France.
Étant moi-même de fait un personnage public (à la modeste échelle saint-rémoise…), je peux comprendre et accepter que certains aspects de ma vie même privée soient connus ; cela fait partie du jeu. À ce titre, d’ailleurs, je m’engage à publier sur ce blog le contenu de ma fiche Edvige dès que j’en aurai pris connaissance, si toutefois je peux me la procurer, afin que chacun puisse se rendre compte de la permissivité du fichier.
En revanche, que mon « entourage » figure également dans le fichier est beaucoup plus inquiétant. En effet, où s’arrête l’entourage ? Est-ce que les 300 personnes dont j’ai le numéro enregistré dans mon téléphone constituent mon entourage aux yeux des services d’Edvige ?
Nicolas Sarkozy semble soucieux de protéger ses amis (cf. « l’affaire Clavier », dans laquelle le Président ne souhaitait pas que ses amis soient pénalisés à cause de lui), je ne vois pas pourquoi je ne serais pas soucieux de protéger les miens.

Edvige constitue une arme de dissuasion disproportionnée par rapport aux « atteintes à l’ordre public » (vague notion !) qu’elle prétend empêcher. Comme le fait en effet remarquer la Confédération nationale du logement dans le Monde de mercredi dernier, « comment continuer à défendre des locataires menacés d’expulsion en s’opposant à la force publique, à manifester pour le droit au logement, alors que planera sur les militants la menace d’un fichage systématique ? » On peut étendre la question aux militants de toutes les causes (environnement, syndicalisme, racisme, antipubs…). Une telle incitation à ne faire partie de rien pour ne pas être fiché me paraît par essence antidémocratique et régressive, et ce d’autant plus qu’une fois acceptée et bien implantée, elle sera certainement suivie d’autres mesures restreignant encore les libertés individuelles, et tout cela au nom de notre sécurité. La plus grande vigilance est de mise !

Preuve que la polémique sur Edvige n’est ni de droite ni de gauche, le Medef (« militant de l’entreprise ») a fait part de ses inquiétudes sur le sujet, et Hervé Morin lui-même a rejoint ce week-end le « front du refus », s’interrogeant sur l’utilité de ficher tant de monde de cette façon, et évoquant un « curieux mélange des genres ». Lorsque le ministre de la défense dénonce, même timidement, le travail du ministre de l’intérieur, c’est bien que quelque chose ne va pas…

Ce samedi, Romanin !

Je vous rappelle que ce samedi 13 septembre à midi aura lieu à l’aérodrome de Romanin le repas annuel que les élus de la majorité municipale organisent pour rencontrer les Saint-Rémois, dans une ambiance festive et conviviale.
Nous ferons le point sur les mois qui viennent de s’écouler et sur l’avenir, à court et moyen terme, de notre ville.

A quelques jours de l’échéance, vous êtes nombreux à m’interpeller en ville et me signaler que vous n’avez pas reçu d’invitation. Que les choses soient claires : tous les Saint-Rémois qui souhaitent venir sont chaleureusement invités, y compris ceux qui ne figurent pas dans notre listing. Il est techniquement difficile d’envoyer une invitation personnalisée à tout Saint-Rémy, néanmoins personne ne doit se sentir exclu pour autant.

A ce jour, environ 400 personnes se sont d’ores et déjà inscrites auprès de mon ami Alix Kikmoun. Nous attendons encore de nombreux bulletins (téléchargeables ici). Nous pensons donc accueillir entre 400 et 500 convives, un nombre comparable à celui de l’an dernier.

Une participation de 8 euros est demandée à chacun, le reste étant pris en charge par les élus. Inscrivez-vous vite ! Nous prévoirons ainsi au mieux le nombre de repas avec le traiteur Jean Benoît.

A samedi !

Ma rentrée scolaire

La rentrée scolaire, ce moment très particulier de l’année pour tant de jeunes (et pour leurs parents !), l’est aussi pour les élus des collectivités territoriales.
Mardi et mercredi, j’ai effectué le petit marathon annuel des rentrées scolaires dans les établissements de la ville, en tant que maire et en tant que conseiller général, afin de rencontrer les professeurs, les personnels et les parents, et de constater le bon déroulement de la journée sur les plans scolaire, technique, etc.

J’ai commencé ma tournée à l’école maternelle Marie-Mauron, qui a bénéficié de travaux très importants durant l’été : amélioration de la sécurité, création d’une bibliothèque, d’une salle des maîtres, d’une salle des ATSEM, d’une salle de goûter, d’une infirmerie, rénovation et réaménagement du dortoir, du restaurant, en attendant l’installation d’une nouvelle cuisine lors des vacances de Toussaint… le tout en moins de deux mois, pour un montant de 700 000 euros. Je rends d’ailleurs hommage aux services municipaux, Daniel Bello (responsable bureau d’études bâtiment), Olivier Dessauw (directeur de l’action éducative) et les services techniques notamment, ainsi qu’aux adjoints Armelle le Piouf et Michel Bonet, pour leur implication sans faille qui a rendu possible une rentrée sans encombres le jour dit. Il reste encore quelques petites retouches à faire, mais rien qui puisse troubler l’accueil des 128 enfants que compte l’école. Après l’école de la République en 2007 et cette année école Marie-Mauron, la rénovation des bâtiments scolaires se poursuit par étapes.

La rentrée à l’école Mas Nicolas, où je suis allé ensuite, ne s’est hélas pas déroulée aussi bien : la démographie en baisse alliée à la réduction des effectifs d’enseignants orchestrée par le gouvernement se traduit dans cette école par la suppression d’une classe. Les 108 élèves de cet école se répartiront donc dans 4 classes, au lieu de 5 précédemment.
À l’école de l’Argelier, en revanche, la rentrée s’est bien déroulée pour ses 212 élèves. Une classe était à surveiller, risquant la fermeture ; elle devrait finalement être maintenue. L’école compterait donc 9 classes, plus la CLIS.

Je n’ai malheureusement pas pu intercaler de visite à l’école de la République dans cet emploi du temps chargé ; c’est donc Michel Bonet, adjoint à la jeunesse et à l’éducation, qui m’a représenté dans cet établissement, où la journée s’est déroulée correctement.
Nous avons la chance de compter dans l’équipe municipale Gisèle Ravez, conseillère déléguée à l’agriculture, à l’hydraulique agricole et à la chasse, qui est également secrétaire de l’association de parents d’élèves de l’école Saint-Martin (APEL). Gisèle a suivi de près la rentrée dans cet établissement, qui s’est bien passée. A noter que la directrice Dany Aoun a repris ses fonctions.

Mardi après-midi, le lycée professionnel agricole les Alpilles recevait le président de la région PACA, Michel Vauzelle, actuellement « en tournée » dans les lycées du secteur. Ce fut un moment très agréable pour le personnel de l’établissement, représenté par le proviseur Patricia Fromage, pour les lycéennes et lycéens, et bien entendu pour moi-même. Michel Vauzelle est un ami de longue date, toujours à l’aise dans ses discours distillés à l’humour décalé ; il a tenu en haleine son auditoire d’adolescents, évoquant sa fonction de président de région, défendant l’agriculture, l’environnement ainsi que des notions comme la fraternité et la solidarité, le respect et l’écoute entre jeunes et adultes.

Mercredi, enfin, je me suis rendu au collège Glanum, en tant que conseiller général cette fois. Vous l’avez sans doute appris, un certain nombre de collégiens saint-rémois n’ont pu être inscrits dans l’établissement, faute de place, alors qu’une douzaine d’enfants, normalement affectés dans d’autres villes, ont obtenu une dérogation pour y passer leur année scolaire (contre l’avis des responsables du collège qui pressentaient ce type de problème !). C’est une situation complètement aberrante que je regrette, mais qui n’est hélas que la conséquence de décisions politiques prises au plus haut niveau, en l’occurrence la réforme de la carte scolaire. C’est bien beau de libérer les inscriptions avec une loi, encore faut-il ne pas oublier que dans la pratique, sur le terrain, les contingences matérielles ne peuvent pas tout permettre.
J’espère de tout cœur que la situation se réglera au mieux pour les familles concernées.

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