Hommage à Henri Richaud

Henri Richaud nous a quittés hier après-midi.

Inutile de rappeler aux Saint-Rémois qu’il fut maire de notre ville pendant 18 ans de 1971 à 1989 et conseiller général de 1973 à 1985. Pendant ses trois mandats, de nombreuses réalisations ont permis à notre ville de se développer dans nombre de secteurs (voir ci-dessous).

Au-delà de ses qualités de gestionnaire, Henri Richaud était surtout un homme agréable, discret, affable et pour tout dire attachant.

Avant d’être élu, les Saint-Rémois le connaissaient déjà puisqu’il a été directeur pendant de longues années de l’école de la République. Tous les habitants de cette ville qui ont eu le privilège d’avoir Henri Richaud comme enseignant en ont gardé un souvenir marquant.

Depuis 1989, date à laquelle il a quitté la mairie, Henri Richaud s’était retiré de la vie politique « active ». Il a néanmoins continué à s’intéresser de près à la vie de sa ville. Un exemple parmi tant d’autres, en 2003, il avait souhaité être symboliquement le millième signataire de la pétition citoyenne demandant l’organisation d’un référendum afin de conserver et réhabiliter cette école de la République à laquelle l’ancien directeur, qu’il était, était tant attaché.

C’est d’ailleurs à l’occasion du départ en retraite d’une employée de l’école de la République que beaucoup de Saint-Rémois, cet été, ont eu le plaisir de voir pour la dernière fois Henri Richaud lors d’une manifestation publique.

Je n’ai pas eu la chance d’avoir Henri Richaud comme instituteur, mais il m’a néanmoins beaucoup appris. J’ai toujours en mémoire, pour y avoir assisté parmi le public, la manière dont il présidait le conseil municipal lors de son dernier mandat. Impassible et bonhomme, je l’ai rarement vu hausser le ton face à une opposition pourtant extrêmement pugnace.

En 1989, Henri Richaud m’a fait l’honneur de me demander de figurer sur sa liste : par le biais du système électoral à la proportionnelle (instauré en 1983), la liste emmenée par Henri Richaud, minoritaire, a obtenu six élus. C’est suite aux démissions de Messieurs Richaud et Bachini que je me suis retrouvé conseiller municipal d’opposition entre 1989 et 1995.

Elu maire en 1995, j’ai toujours été très attentif aux conseils que pouvait me prodiguer mon illustre prédécesseur. En voici deux à titre d’exemple. « Rappelle-toi que l’intérêt public prime toujours sur l’intérêt privé.» « Quand tu accordes un droit ou un avantage particulier à quelqu’un, n’oublie pas de faire preuve d’équité, il faut que tous ceux qui sont dans la même situation soient traités de la même manière »

Il écrivait également dans le bulletin municipal de février 1985 : « Pour le Maire de tous les Saint-Rémois, cette démocratie au quotidien se fonde sur des valeurs acceptables pour tous, celles du libéralisme intellectuel, moral, politique qui suppose le respect mutuel, la compréhension des autres, la prise en compte des différences et conduit à la nécessaire solidarité. »

A quelques semaines d’intervalle, la ville de Saint-Rémy a perdu deux de ses plus grands serviteurs : Marcel Bonnet et Henri Richaud. Ils se connaissaient, se côtoyaient, s’appréciaient et ont travaillé main dans la main de nombreuses années au service de Saint-Rémy et des Saint-Rémois. Ce sont deux pages de la vie de Saint-Rémy qui se sont tournées et elles formeront à jamais un des chapitres les plus marquants de son histoire.

Henri Richaud, comme René Char, était originaire du département des Alpes-de-Haute-Provence.
« Le réel quelquefois désaltère l’espérance.
C’est pourquoi, contre toute attente, l’espérance survit.»

René Char

Réalisations de Henri Richaud

Je me suis replongé dans les archives municipales et j’ai redécouvert l’ampleur des réalisations du maire Henri Richaud.

Son action a tout d’abord porté sur la création d’équipements publics toujours essentiels :
- Des équipements sportifs : notamment le COSEC, la salle Jean-Macé, l’ensemble sportif Sans-Souci, les terrains de tennis,
- Des équipements pour les services publics : l’école Mas Nicolas, la caserne des Sapeurs-forestiers, et une collaboration à la création du collège (en tant que maire et conseiller général).

Il a également participé au développement urbain de la ville telle que nous la connaissons aujourd’hui :
- par la valorisation du centre ancien : mise en place de l’OPAH, aménagement de la place Favier et la rue du Parage,
- par la création de nouveaux quartiers et de logements : lotissements (Bannieux, Blanchin, le Vert village), espaces dédiés aux logements sociaux (la Petite Crau, le Pré des vergers), et zone d’aménagement concerté Mas Nicolas.

Henri Richaud s’est enfin attaché à donner une place réelle à l’éducation et à la culture dans notre ville :
- dans le domaine du patrimoine : en initiant la restauration de la collégiale (toiture et clocher), en soutenant la création du Centre d’art Présence Van Gogh (achat de l’hôtel Estrine par la Ville),
- pour la jeunesse : en structurant les transports scolaires, en mettant en place le centre aéré, - en faveur de la culture : en créant l’Ecole de musique, en aidant au maintien d’un cinéma, en permettant l’ouverture de la bibliothèque municipale,
- du côté des traditions : par la création du rendez-vous annuel de la Transhumance.

Et beaucoup d’autres actions encore menées au quotidien.

Question ouverte sur les régimes spéciaux

Depuis plusieurs semaines, la réforme des régimes spéciaux de retraite est portée par le gouvernement actuel et suscite une opposition importante.

J’ai lu attentivement la presse, écouté de multiples interventions à la radio et à la télévision.

Et pourtant, je n’ai jamais eu la réponse à une question essentielle.

Afin de comprendre l’intérêt de cette réforme, il me semble qu’il faudrait évoquer son intérêt financier. Il faudrait donc répondre à la question suivante : Qu’est-ce que représente financièrement la remise en cause des régimes spéciaux de retraites, au regard du budget de la Sécurité sociale et plus particulièrement de celui des retraites ?

Malgré tout l’intérêt que je porte à ce sujet, je n’ai jamais entendu d’élément de réponse à cette question de la part d’aucun des protagonistes du débat. Je pose donc la question ouvertement et invite ceux qui en sauraient plus à nous apporter des éléments d’information.

Saint-Rémy : l’eau à un prix raisonnable

« Que choisir » publie dans son numéro de novembre 2007 une enquête sur le prix de l’eau.

Ce magazine, dont l’indépendance et le sérieux ne fait pas de doute, constate que les quatre villes qui facturent l’eau au juste prix ont un point commun : « elles gèrent le service de l’eau en direct, sans recourir au privé. » Et de poursuivre : « La régie municipale semble donc plus intéressante pour les usagers. Cette constatation rejoint d’ailleurs les conclusions d’une étude récente de l’Ifen, selon laquelle le prix de l’eau est en moyenne de 2,19 € le m3 quand le service est assuré par une régie communale, mais de 2,93 € quant il est délégué à un opérateur privé ».

A Saint-Rémy, lors de mon précédent mandat, nous avons fait le choix de confier la gestion de l’eau à une régie municipale en résiliant le contrat qui nous liait à une société privée .

Cette étude du magazine « Que choisir » ne peut que nous conforter dans ce choix, surtout à la lecture des certaines pratiques abusives des entreprises privées de gestion de l’eau.

De même, nous pouvons être fiers de proposer l’eau à un tarif tout à fait raisonnable, comparativement aux tarifs indiqués ci-dessus et aux tarifs pratiqués dans notre secteur : à Saint-Rémy-de-Provence, le prix du mètre cube d’eau est de 2,31 € (Tarascon : 2,33 € ; Châteaurenard : 2,44 € ; Barbentane : 2,52 € ; Rognonas : 2,66 €).

Et contrairement à beaucoup d’idées reçues, la gestion publique n’empêche par le dynamisme et le développement des investissements : les extensions et les rénovations du réseau d’eau en cours en témoignent.

Un département bien géré aux finances saines

Le Conseil général a débattu récemment des orientations budgétaires pour l’année 2008. En tant que rapporteur du budget, j’ai présenté à grands traits les orientations envisagées : « Les investissements vont augmenter de près de 20 %, passant de 450 millions d’euros cette année à 540 millions, avec un autofinancement à hauteur de 65 %, sans que les dépenses de fonctionnement ne dépassent les 3 % et sans aggraver la fiscalité ni l’emprunt. Et il n’y aura pas d’augmentation des impôts l’année prochaine». Ceci malgré la situation nationale et le désengagement de l’Etat : comme la rappelle La Marseillaise, le 27 octobre : « en 2008, les collectivités locales perdront environ le quart de la croissance de leurs dotations » !

Dans un article du 27 octobre, le journaliste de la Provence rendant compte de la séance budgétaire pendant laquelle a été proposée la DM2 (décision modificative n° 2 du budget 2007) indique : « l’opposition a été bien molle sur les bancs UMP-UDF », « La droite n’a pu qu’approuver ». En effet, faute d’argument réel pour voter contre cette DM, l’opposition s’est abstenue. Cela montre que le Conseil général ne doit pas être si mal géré !

Dans un article du 5 novembre 2007, le journal La Provence dans son édition de Marseille faisait le même constat : « Ses investissement font des pas de géants : 350 millions d’euros en 2006, 450 cette année et probablement 540 l’an prochain… un record en France. »

Ce constat d’une bonne gestion est confirmé par une personne extérieure et digne, je pense, de confiance : Gilles Nancy, professeur d’économie et de finances à l’Université de la Méditerrannée – que je ne connais pas personnellement -, indique « Le Département est bien géré, il finance ses dépenses par l’impôt et non avec l’emprunt ». (A titre d’information, l’endettement est de 121 euros en euros et par habitant, contre une moyenne nationale de 264 euros pour les départements dépassant le million d’habitants).

Vice-président chargé des finances depuis 4 ans, j’avoue être touché par de tels commentaires de la part de personnes aussi différentes que des journalistes, des élus UMP ou un professeur d’université. Au-delà de cette petite satisfaction personnelle, cette situation saine est un atout incontestable pour notre département, ses communes et ses habitants puisqu’elle permet de mener une politique ambitieuse au service de notre territoire.

Plus de 11 000 visites sur ce blog !

Après une montée en puissance entre février et mai, ce blog a atteint son rythme de croisière durant les 5 derniers mois avec une moyenne de 2000 visites mensuelles (hormis le creux de l’été, commun à tous les sites internet).

Je le disais dans l’édito : j’ai lancé cette aventure avec quelques réserves en début d’année. Il m’était alors difficile de me faire une idée précise sur l’outil : les blogs personnels d’élus sont-ils un simple effet de mode ou peuvent-ils permettre un échange direct et constructif entre un élu et des citoyens ?

Je ne tirerai pas de conclusions générales et hâtives. Concernant ce blog personnel, je suis tout d’abord frappé de voir qu’il jouit d’une fréquentation respectable et régulière. Je lis avec intérêt les commentaires et les questions. De fait, je constate que ce blog est un lieu de communication pour poser ouvertement certaines questions délicates (indemnités d’un élu, point de vue sur une candidate…), commenter positivement ou négativement (c’est plus rare) certains billets, et enfin interroger un élu sur un dossier ou une problématique. J’observe surtout avec plaisir que c’est un lieu de dialogue pour tous, qu’ils soient proches de la majorité que je représente, ou représentants d’autres sensibilités politiques : cela témoigne de la richesse des échanges que cet outil permet.

Finalement, je crois que l’aventure du blog méritait amplement d’être tentée. Je vous invite tous à participer à la vie de ce lieu d’échanges et à le faire connaître autour de vous.

Rapport Attali

La presse a rapporté quelques préconisations élaborées par la « Commission Attali pour la croissance ».

Comment un aéropage de personnalités aussi brillantes peuvent-elles proposer des mesures aussi farfelues (et le mot est faible….) ?

Si ce n’est précisément parce que leur supposée infinie compétence les a complétement déconnectées du monde réel…

Trois exemples :

1°) La commssion propose la suppression des droits de mutation (taxe additionnelle perçue par les collectivités lors de la vente d’un bien; 1,2% du montant pour les communes).

On la supprime : Manque à gagner pour une ville de la taille de Saint-Rémy : Environ 650.000 Euros. (Pour mémoire, celà correspond à peu prés à ce que la commune verse aux associations locales…). Celà correspond également à 10 points d’impôts locaux !

Pour Saint-Rémy, la suppression des droits de mutation équivaudrait donc à l’augmentation des impôts locaux de 10%, si on veut conserver les mêmes recettes ou, à titre d’exemple, à la suppression des subventions aux associations, si l’on veut diminuer les dépenses d’autant !

Pour le Département 13, c’est pire : La recette des droits de mutation est égale au total des dépenses de l’aide aux communes et de la construction des collèges ! ou, à budget constant, à plus de 20 points d’ impôts !!

On me rétorquera que les collectivités n’ont qu’à se débrouiller et trouver des économies. Malheuresement, celà a été fait par l’immense majorité d’entre elles, et depuis longtemps ! Aujourd’hui, plus aucune marge n’existe nulle part.

Autant dire, dans ces conditions, que cette suppression est irréalisable, à moins de la remplacer par autre chose. Auquel cas, ou est l’intérêt ?

2°) La commission propose de permettre aux grandes surfaces de vendre à perte.

Réponse de Mr Mongereau, Président de la CGPME 13 (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises 13): « Il n’est pas possible de laisser dire de telles choses sans réagir. Comment accepter de vendre à perte ? il n’y a qu’un technocrate qui ne s’est jamais soucié de comment on crée de la richesse qui peut proposer ça. C’est un non-sens économique qui ne peut que tirer la France vers le bas ». (La Marseillaise 23/10/07).

Propos tenus à l’occasion d’une rencontre CGPME, CGAD, UPA et FNSEA : Petites entreprises, artisans et agriculteurs.

Rien à rajouter.

3°) Bouquet final (Titre de l’hebdomadaire  »Le Point » de cette semaine, page 12) :

ATTALI VEUT SUPPRIMER DEPARTEMENTS ET COMMUNES

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? On pourrait également supprimer les Régions et la France…

En lisant l’article, on apprend que « les conseils régionaux hériteraient de l’essentiel des compétences des conseils généraux… et les hôtels de départements seraint vendus ».

Aux Régions ?

Supprimer un échelon administratif : L’idée peut paraître séduisante. Mais, dans ces conditions, pourquoi avoir continué à décentraliser en « chargeant » les Départements (APA, RMI, techniciens des collèges, agents de la DDE, etc…). Tout celà est totalement incohérent.

Concernant les communes, on peut lire : « Les 36.000 communes pourraient disparaître au profit de « super-communes », au nombre de 6 ou 7.000, dont les édiles seraient élus au suffrage universel ».

Autant de talents réunis pour réinventer l’intercommunalité, (avec certes,comme nouveauté l’élection directe de leurs représentants, mais cette proposition et ce débat existent depuis que les intercommunalités ont été créées !).

Le but de tout celà : « Faire baisser le taux de prélèvements obligatoires de 0,5 à 1 point ».

Encore une fois, ces propositions sont trop frileuses. On pourrait faire disparaître 100% des prélèvements obligatoires en supprimant les Communes, les Départements, les Régions, l’Etat, les Assedic et la Sécurité Sociale !

Mais qui paierait les émoluments; amplement mérités; des membres de la Commission Attali ?

Saint-Rémy, Van Gogh et Liz Taylor

La star américaine Liz Taylor a acheté en 1963 un tableau de Vincent Van Gogh peint à Saint-Rémy en 1889, pendant son séjour à Saint-Paul, intitulé « Vue de l’asile et de la chapelle à Saint-Rémy ».

Ce tableau, acheté 258.000 dollars, et estimé 40 à 60 fois ce prix aujourd’hui, a valu à l’actrice d’ être accusée de « recel de tableau volé ». Aprés moult péripéties juridiques, la cour suprême américaine a définitivement innocentée Liz Taylor.

Elle pourra donc conserver cette précieuse composition locale !

Amis de ce blog, si l’une ou l’un d’entre vous peut m’envoyer la reproduction de ce tableau (sous réserve que celà soit possible pour des raisons liées aux droits de diffusion…..) pour illustrer ces quelques mots, qu’il en soit remercié !

 

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