Feuilleton de l’été, 2e épisode : crédit peu cher, avantages immédiats, pièges ensuite

Fin juillet, quelques semaines plus tard, l’indice Dow Jones commence à dégringoler et plonge de 300 points. On venait d’apprendre l’ampleur de la baisse de la vente de logements neufs : elle a atteint – 22 % en juin. Différents facteurs expliquent ce fait, le plus important est lié à une stratégie de la Réserve fédérale.

Pour relancer l’économie après 2001, la Réserve fédérale avait abaissé ses taux jusqu’à 1% (à titre de comparaison, aujourd’hui, ils sont à 5,75 %). L’argent étant très peu cher, beaucoup d’américains se sont fortement endettés pour construire leur logement. Or, il s’agissait de taux variable, très faibles au début pour appater le chaland, puis progressivement bien plus coûteux (jusqu’à 15/18 % au final, soit un taux « usurier »). Comme d’habitude, on s’est servi des gens les plus malléables et les plus en difficulté. Séduits par des crédits peu chers, ils se trouvent aujourd’hui dans une situation difficile avec des remboursements auxquels ils ne peuvent faire face. 1,2 millions de prêts immobiliers ont capoté en 2006 et 1 million d’américains ont perdu leur maison. Belle performance pour ce phare de la civilisation occidentale ! Dans certains établissements de crédits, 25% des clients sont en retard sur le remboursement de leurs traites.

Parallèlement, le crédit n’étant pas cher, certaines entreprises ont emprunté pour acheter leurs propres actions, afin de faire monter artificiellement leur cours. Forcément le serpent se mord la queue. Le système s’autoalimente, mais pas indéfiniment : cette bulle financière gonfle jusqu’à ce qu’elle éclate : l’explosion à laquelle nous sommes en train d’assister. Cette situation est bien résumée par le New York Times : « le marché de la dette, qui a été le carburant de cette bulle des rachats en le propulsant à des sommets vient de se refermer ».

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