Le leurre de la TVA sociale

En 2004, l’UFC-Que choisir avait chiffré que l’augmentation de deux points de TVA ferait augmenter les prix de 0,8%, à partir d’un rapport de la Direction de la prévision, dépendant du Ministère des finances alors dirigé par… Nicolas Sarkozy.
Pourquoi ce résultat, alors que l’on nous assène que la TVA dite « sociale » doit au final diminuer le coût de la vie ?
• les biens produits à l’étranger ne bénéficient pas de l’allègement des charges sociales censé contrebalancer l’augmentation de la TVA ;
• les cotisations sociales ne représentent qu’une toute petite partie du prix de revient d’un produit fabriqué en France (ex : 2,5% pour une voiture) ; il ne peut pas compenser l’augmentation de TVA, forcément plus élevée puisque celle-ci touche le prix de vente final.

Que dire alors d’une augmentation de 3, 4 ou 5 points, comme envisagé par nos gouvernants ?

On nous dit que la TVA sociale doit lutter contre les délocalisations. Cela paraît illusoire :
• la TVA s’appliquera sur tous les produits, et pas seulement sur les importations : elle n’offrira aucun avantage de compétitivité ;
• une baisse des cotisations sociales, même significative, ne permettra jamais de rivaliser avec les salaires extrêmement bas d’Asie ;
• une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne annulerait les effets d’une baisse des cotisations sociales ;
• la TVA sociale n’a pas fait baisser les coûts en Allemagne, pays si souvent cité en exemple.

Dans ces conditions, on voit mal comment la TVA sociale peut servir à autre chose qu’à financer les 12 milliards d’euros déjà offerts aux contribuables les plus riches. Cette TVA n’a de social que le nom ; c’est un simple leurre.
Pour ma part, je regrette qu’un mot aussi noble et aussi essentiel que le mot « social » soit aussi galvaudé par Nicolas Sarkozy, qui ne s’en sert que comme « vaseline sémantique » pour faire passer des projets dont la pertinence est très critiquable.

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