Les résultats dans le triangle Rhône-Durance-Alpilles

Dans le triangle Rhône-Durance-Alpilles, sur les 22 commmunes que compte cette zone, Nicolas Sarkozy franchit la part des 60 % dans l’ensemble des communes. Il dépasse même les 70 % dans cinq d’entre elles. Il se situe entre 65 et 70 % dans dix autres et réalise un score inférieur à 65 % dans les six dernières. Les scores les moins importants ont été obtenus dans les communes de Noves (60,74 %) et Saint-Rémy-de-Provence (62,75 %).
La Provence, dans son édition du 7 mai, constate ainsi « la résistance de Saint-Rémy » à la vague bleue qui a déferlé dans le Pays d’Arles. Avec un score de plus de 62 %, ce commentaire peut paraître surprenant. Mais à la lecture des chiffres, ce sont bien dans les deux communes de gauche que les scores du candidat de l’UMP sont les plus faibles.

Tous les chiffres :
Noves 60,94 %
Saint-Rémy-de-Provence 62,75 %
Tarascon 63,13 %
Sénas 63,84 %
Mas-Blanc 64,10 %
Cabannes 64,37 %
Eygalières 64,94 %
Plan d’Orgon 65,55 %
Saint-Andiol 65,74 %
Châteaurenard 66,16 %
Barbentane 66,26 %
Graveson 66,80 %
Eyguières 66,91 %
Saint-Etienne-du-Grès 68,05 %
Eyragues 68,31 %
Verquières 68,44 %
Mollèges 68,47 %
Maillane 70,13 %
Boulbon 71,51 %
Rognonas 72,21 %
Les Baux-de-Provence 73,05 %
Mezoargues 80 %

Deux décennies d’élections à Saint-Rémy

Elu municipal à Saint-Rémy depuis près de 20 ans, j’ai archivé les résultats électoraux de tous les scrutins sur cette période. L’analyse de ces deux décennies me conduit à plusieurs constats :

1°) Depuis 1988, les Saint-Rémois votent à droite aux élections présidentielles, sans exception au 1er et au 2e tour (1988, 1995, 2002, 2007).

2°) Ils font de même aux élections législatives (1988, 1993, 2002), à l’exception de 1997 (cas particulier, le maire de la commune étant candidat, il a bénéficié des traditionnelles « voix du maire » : électeurs qui votent la proximité, en faveur du candidat qu’ils connaissent ; même si le candidat PS a été battu sur la circonscription).

3°) Ils votent plutôt à gauche aux élections locales : aux municipales (1989 : Pampaloni, 1995 : Chérubini, 2001 : Palix, 2005 : Chérubini), aux régionales et cantonales (en 1992 : Gaudin / Pampaloni, en 1998 et 2004 : Vauzelle / Chérubini). Depuis 1995, six des sept consultations locales ont été remportées par des candidats de gauche.

4°) Sur la période (à une exception près, les années 2001-2004, mandat de M. Palix), les Saint-Rémois ont toujours choisi un maire « en opposition » au Président de la République. De 1989 à 1995, M. Pampaloni a effectué son mandat pendant la présidence de M. Mitterrand. En 1995, alors que la présidence basculait à droite en mai avec l’élection de M. Chirac, Saint-Rémy faisait l’inverse en juin, un mois plus tard !, en choisissant la liste Chérubini. Début 2005, les Saint-Rémois ont à nouveau voté aux élections municipales, a contrario de ce qu’ils avaient choisi aux présidentielles de 2002.

5°) Concernant les élections européennes, le choix des Saint-Rémois est particulièrement surprenant et complètement disparate. Ils ont placé en tête : la droite (Baudis) et les divers gauche (Tapie) en 1994, les chasseurs (CPNT) et le PS en 1999, le PS et l’UMP en 2004 !!!

En résumé, on peut dire que depuis 20 ans, les électeurs saint-rémois votent à droite aux élections nationales (présidentielles, législatives), de manière très diverse aux élections européennes et plutôt à gauche (surtout depuis 1995) aux élections locales.

Nicolas Sarkozy est donc élu président de la République. Il réalise un très bon score à Saint-Rémy (62,75 %) se rapprochant ainsi des 63,28 % que j’avais obtenus au cantonales 2004 !!…

Résultats du second tour

A 20h ce soir, les médias ont annoncé les premières estimations du second tour de l’élection présidentielle, confirmant la victoire annoncée de Nicolas Sarkozy.

Je vous livre les chiffres de la commune de Saint-Rémy, fournis par les services municipaux :

Inscrits : 7675

Votants : 6643

Exprimés : 6349

Ségolène Royal : 2365 voix, soit 37,25 %

Nicolas Sarkozy : 3984 voix, soit 62,75 %

Je donne rendez-vous aux électeurs les 10 et 17 juin pour le scrutin législatif. Je vais m’engager fortement aux côtés de Jacky GERARD, conseiller général et maire de Saint-Cannat. Nous avons été candidats ensemble lors des législatives de 2002, j’ai pu apprécier alors son esprit de responsabilité, sa gentillesse et sa compétence.

Je ferai tout pour qu’il arrive en tête lors du premier tour à Saint-Rémy.

« L’étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles » J’avoue ne plus me rappeler s’il s’agit de Rimbaud ou de Verlaine.

Les évêques s’expriment sur la présidentielle

Les évêques ont souhaité attiré l’attention sur un certain nombre de valeurs essentielles dans le débat démocratique en élaborant deux documents, Qu’as-tu fait de ton frère ? et Perspectives pour une société plus juste et fraternelle.

A propos de l’ouvrage Qu’as-tu fait de ton frère ?, Mgr Pontier, évêque de Marseille et vice-président de la Conférence des évêques de France, explique : « Nous voulons réveiller le sens humain et spirituel de la fraternité. Pour cela, nous avons retenu cette interrogation fondamentale pour nous. La Bible s’ouvre rapidement sur cette question et, si aujourd’hui nous la redisons, c’est pour réveiller les consciences humaines dans une humanité où chacun est toujours tenté de penser à lui-même avant les autres. C’est une question fondatrice qui signifie : « Réveille en toi le sens de la fraternité ». C’est tellement difficile de faire place aux idées et aux besoins de l’autre. Pourtant, on devient humain les uns avec les autres, les uns pour les autres, jamais les uns contre les autres. Bien d’autres interrogations sous-tendent cette question : « Que fais-tu de cette démocratie ? Que fais-tu de ton pays ? Que fais-tu des autres pays ? Que fais-tu de ta famille ? »"

L’archevêque-évêque de Lille, Mgr Gérard Defois, explique que le texte « a rencontré des attentes et le besoin de situer le politique sur un autre plan que la seule prise du pouvoir, en le centrant sur des questions fondamentales comme la famille, l’emploi, l’accueil de l’étranger.« 

Gabriel Nissim, dominicain, ancien producteur de l’émission le Jour du Seigneur, fait encore plus clairement le choix de Ségolène Royal en affirmant qu’ »on ne fait pas campagne contre une partie de la population. Nicolas Sarkozy a désigné un certain nombre d’immigrés comme cause de tous les maux, et ce qu’il a dit sur les dispositions génétiques à la pédophilie ou au suicide est inadmissible de mon point de vue de catholique. Un postulant à la magistrature suprême ne peut pas stigmatiser de cette façon-là des catégories de la population. Personnellement, je ne vois pas comment un catholique, même de droite, pourrait voter pour quelqu’un qui exprime des positions d’exclusion. Pour cette raison, le texte de évêques sur le devoir de fraternité envers les frères et soeurs venus d’ailleurs m’a paru très opportun. Malheureusement je pense que ce message n’a été entendu que par un petit groupe de catholiques.« 

Il n’est donc pas vain de le rappeler…

Eric Besson, l’otage phagocyté

Le revirement de l’ancien socialiste Eric Besson, pour lequel on peut parler d’apostasie, me laisse perplexe à plusieurs égards.

En l’espace de trois mois, le député PS (2e circonscription de la Drôme), membre du comité de campagne de Ségolène Royal, a démissionné de son poste de secrétaire national, quitté le PS, publié un livre assassin sur la candidate socialiste, épithalame anticipé de sa mésalliance, et finalement rallié le camp de Nicolas Sarkozy (après l’annonce des résultats du premier tour…) en devenant le coordonnateur du « pôle de gauche » (?!) de l’UMP.

Eric Besson est le maire de Donzère-sur-Drôme, une commune de 4700 habitants. Je m’interroge aujourd’hui sur la réaction des citoyens de gauche qui l’ont réélu maire en 2001 et député en 2002, sur le regard qu’ils lui adressent dans les rues de son village. Je me demande aussi comment la propre majorité municipale de M. Besson, de gauche elle aussi, considère l’allégeance soudaine de celui-ci au chef de file de l’UMP.

Je reste perplexe également devant la façon dont M. Sarkozy exhibe le transfuge, comme par exemple lors de son premier meeting du second tour à Dijon. Acclamé par les militants UMP, Eric Besson m’a rappelé un de ces malheureux otages hagards qui assurent aux télés du monde entier que leurs ravisseurs sont des gens dignes et corrects.

Au-delà du petit jeu des trahisons et des ralliements, somme toute classique, le plus regrettable est que cette alliance contre-nature discrédite la politique, en cédant à un opportunisme peu glorieux au détriment des idées et des convictions. Se prétendre de gauche et rallier ainsi la droite brouille les frontières entre les formations et le message envoyé aux citoyens.
M. Sarkozy lui-même souhaite réhabiliter le débat entre la droite et la gauche et prône une vraie confrontation des idées. Pourtant, avec ce phagocytage d’un homme de gauche, le candidat UMP fait preuve une nouvelle fois de la contradiction éclatante entre ses paroles et ses actes, et jette encore de la poudre aux yeux des électeurs.

Ce dimanche 6 mai, seront-ils dupes ?

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