Eric Besson, l’otage phagocyté
- Par Hervé Chérubini » 2 mai 2007 » En débat, Mémoire des élections 2007
- Comment now »
Le revirement de l’ancien socialiste Eric Besson, pour lequel on peut parler d’apostasie, me laisse perplexe à plusieurs égards.
En l’espace de trois mois, le député PS (2e circonscription de la Drôme), membre du comité de campagne de Ségolène Royal, a démissionné de son poste de secrétaire national, quitté le PS, publié un livre assassin sur la candidate socialiste, épithalame anticipé de sa mésalliance, et finalement rallié le camp de Nicolas Sarkozy (après l’annonce des résultats du premier tour…) en devenant le coordonnateur du « pôle de gauche » (?!) de l’UMP.
Eric Besson est le maire de Donzère-sur-Drôme, une commune de 4700 habitants. Je m’interroge aujourd’hui sur la réaction des citoyens de gauche qui l’ont réélu maire en 2001 et député en 2002, sur le regard qu’ils lui adressent dans les rues de son village. Je me demande aussi comment la propre majorité municipale de M. Besson, de gauche elle aussi, considère l’allégeance soudaine de celui-ci au chef de file de l’UMP.
Je reste perplexe également devant la façon dont M. Sarkozy exhibe le transfuge, comme par exemple lors de son premier meeting du second tour à Dijon. Acclamé par les militants UMP, Eric Besson m’a rappelé un de ces malheureux otages hagards qui assurent aux télés du monde entier que leurs ravisseurs sont des gens dignes et corrects.
Au-delà du petit jeu des trahisons et des ralliements, somme toute classique, le plus regrettable est que cette alliance contre-nature discrédite la politique, en cédant à un opportunisme peu glorieux au détriment des idées et des convictions. Se prétendre de gauche et rallier ainsi la droite brouille les frontières entre les formations et le message envoyé aux citoyens.
M. Sarkozy lui-même souhaite réhabiliter le débat entre la droite et la gauche et prône une vraie confrontation des idées. Pourtant, avec ce phagocytage d’un homme de gauche, le candidat UMP fait preuve une nouvelle fois de la contradiction éclatante entre ses paroles et ses actes, et jette encore de la poudre aux yeux des électeurs.
Ce dimanche 6 mai, seront-ils dupes ?



Laisser un commentaire