Lettre ouverte au candidat Bernard Reynès

J’ai lu avec attention ton deuxième journal de campagne.

Je lis, page 2, concernant ta décision de te présenter aux élections législatives : « J’ai été spontanément suivi dans cette démarche par plus de 15 maires UMP et divers droite de la circonscription. » « plus de 15 » signifie au moins 16 ! Etant moi-même maire de la circonscription et soutenant un autre candidat, je souhaiterais savoir, au-delà du soutien des maires des Baux, de Cabannes, d’Eyragues, de Rognes, de la Roque d’Anthéron et de Verquières, soit 6 maires, qui sont les 10 autres maires qui te « suivent dans cette démarche ».

D’autre part, on peut découvrir, toujours page 2 de ce document, un texte signé par Mme Cecchi qui nous dit que : « nous, les Saint-Rémois, pour n’avoir pas eu le courage de résister et de s’opposer à la pression politique, nous avons perdu les élections municipales. » La formule étant obscure, elle mérite pour le moins quelques explications. Cela signifie-t-il que, lors des élections municipales perdues par l’UMP en 2005 à Saint-Rémy, le choix de la tête de liste (ou de la liste), en l’occurrence Jean-Luc Chanéac, effectué par le député Léon Vachet et les instances de l’UMP, n’était pas le bon ? Merci de nous fournir des explications.

Dernière chose, la réponse apportée à ma question sur mon blog concernant la date des élections municipales me semble insuffisamment précise. Je me permets donc de la reformuler : en cas d’élection à l’Assemblée, si un texte de loi prévoyant l’avancée des élections municipales est soumis au vote, est-ce que tu le voteras ?

Merci d’avance pour tes réponses.
A très bientôt.

Quel commerce pour Saint-Rémy ?

Après 8 années et quelques mois de mandat de maire, les Saint-Rémois ont constaté, je l’espère, que j’ai toujours défendu le petit commerce, plus particulièrement contre l’implantation de grandes surfaces.
Durant cette période, il n’y a pas eu d’implantation de nouvelles grandes surfaces. Et plus largement à Saint-Rémy, depuis la création d’Intermarché, il n’y a eu aucune nouvelle implantation.

Vous le savez, je me suis battu contre l’implantation du Lidl à Saint-Rémy (voir billet : un permis de construire non conforme en attente de jugement).

En tant qu’élus, nous nous battons également contre l’implantation de grandes surfaces dans les environs, car il ne sert à rien d’empêcher l’ouverture de tels magasins à Saint-Rémy, s’ils s’en ouvre à proximité, à Châteaurenard, Tarascon, Cavaillon, c’est-à-dire dans le rayon de chalandise de notre commune.

Le journal La Provence s’est fait l’écho le 29 mai du débat suscité par la demande d’extension du centre commercial Auchan de Cavaillon. A ce sujet, la position du conseil municipal de Saint-Rémy-de-Provence a été claire : le 24 avril, une motion contre ce projet a été votée à l’unanimité. Le conseil municipal a considéré qu’il importait de protéger l’économie locale dans la mesure où ce projet d’extension se situe sur la zone de chalandise des commerces saint-rémois.

Nous restons particulièrement vigilants sur ce sujet. Chaque fois qu’il le faudra, je me battrai contre des implantations injustifiées à mon sens, car il est essentiel à mes yeux que Saint-Rémy conserve son tissu de petits commerces qui font son charme et participent à la qualité de vie de chacun d’entre nous.

Déplacements : un consensus s’établit

En posant la question de la place respective des piétons et des voitures dans le centre, notre majorité s’est lancée dans quelque chose d’extrêmement difficile : ce dossier focalise des intérêts divergents voire opposés.
Mercredi dernier, une deuxième réunion publique a eu lieu en mairie. Je crois qu’il faut remercier toutes les personnes qui ont participé à cette discussion, qui ont pris le temps de venir discuter de l’avenir de leur ville, qui ont eu le courage d’exprimer leur point de vue. Je salue également l’ouverture d’esprit des commerçants et en particulier des commerces de bouche de proximité.

Grâce à la concertation menée depuis plusieurs mois et au débat particulièrement riche de cette réunion, tous les avis, parfois contraires, ont pu s’exprimer. Et nous sommes finalement, je le crois, parvenus à ce que les avis contraires se rapprochent pour trouver un point d’équilibre et un consensus. Nous nous sommes mis d’accord sur des mesures qui diminueront nettement le nombre de voitures dans le cœur de ville, sans pénaliser trop fortement les habitants et les commerçants (voir infra).

Au travers de ces mesures, mon plus grand souhait est que des Saint-Rémois et des personnes habitant à l’extérieur reviennent flâner et faire leurs courses en centre ville. Car favoriser l’activité des commerces de proximité a toujours été un de mes principaux objectifs, affirmé de manière constante au cours de mes 8 ans de mandat (voir billet suivant). Les mesures envisagées relatives aux déplacements, j’en suis convaincu, y participeront fortement.

Ce dossier n’est pas clos. Nous nous étions engagés à prendre des mesures pour l’été 2007, ce sera fait. Le dispositif envisagé ne sera pas figé, mais évolutif. D’ici la fin de l’année, nous tirerons ensemble les conclusions de ce dispositif estival. Nous sommes comme toujours à l’écoute de toute suggestion.

Les mesures envisagées pour le début d’été 2007 sont les suivantes :
- installation d’un dispositif de signalisation, pour indiquer les parkings et inciter les voitures à se garer plutôt qu’à circuler dans le cœur de ville,
- interdiction de la circulation l’après-midi de 14 heures à 20 heures sauf pour les riverains ; les livraisons seront limitées à un seul créneau le matin.
- suppression des places de stationnement sur la place de la mairie.

Jacky Gérard sur le plateau de la Petite Crau

Comme chaque lundi de Pentecôte a eu lieu à Saint-Rémy la traditionnelle Transhumance, événement incontournable de notre commune. Les innombrables moutons qui défilent sur le Cours attirent des milliers de spectateurs et offrent à Saint-Rémy une visibilité médiatique considérable.

Le candidat pour la 15e circonscription, Jacky Gérard, était présent pour le repas en plein air sur le plateau de la Petite Crau. Il a à cette occasion à nouveau rencontré les Saint-Rémois et évoqué avec eux les grands sujets qui leur tiennent à cœur.

Jacky Gérard viendra à nouveau à Saint-Rémy le jeudi 7 juin à 19h, salle Jean-Macé, pour une réunion publique, à laquelle je vous invite chaleureusement.

Jacky Gérard inaugure son local de campagne

Plus de 200 personnes se sont rassemblées lundi soir à Châteaurenard, lors de l’inauguration du local qui sera la permanence du candidat Jacky Gérard pendant toute la campagne électorale.

De nombreux élus étaient présents : Jean-Noël Guérini, sénateur et président du Conseil général, Daniel Conte, premier vice-président du Conseil général et maire de Mallemort, André Guinde, président du groupe socialiste au Conseil général, ainsi que les maires de Plan d’Orgon, Saint-Andiol, Noves, Saint-Rémy, Charleval. M. Darrouzes, président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône et maire de Lamanon et M. Pélissier, maire d’Eygalières étaient excusés.

Jacky Gérard nous a détaillé les raisons pour lesquelles il a souhaité s’engager dans cette campagne législative. Maire de sa commune depuis 1983, il est un élu local de proximité qui connaît parfaitement le terrain et les problèmes liés à la vie quotidienne de ses concitoyens. Conseiller général depuis près de 10 ans, délégué à l’environnement, il a à ce titre sillonné l’ensemble du département et plus particulièrement les zones rurales des 35 communes qui composent la 15e circonscription. Il a entre autres une parfaite connaissance du massif des Alpilles, ce qui lui a permis d’agir avec efficacité pour favoriser la création du PNR. Pour toutes ces raisons, il pense pouvoir s’engager avec efficacité au service des communes et des habitants de la circonscription.

Ensuite, Michèle Allard, maire de Saint-Andiol, nous a fait part des raisons qui l’ont poussée à s’engager en tant que suppléante aux côtés du candidat Jacky Gérard.

Enfin, pour clôturer ces interventions, Jean-Noël Guérini a lancé un vibrant appel au rassemblement de toutes les forces progressistes derrière Jacky Gérard. Le président du Conseil général, fort de 30 ans d’expérience et de vie politique, est persuadé que la division de l’UMP peut réserver de bonnes surprises pour le candidat socialiste. Il imagine Jacky Gérard en tête le 10 juin, jour du premier tour, et pense qu’ensuite, s’appuyant sur cette dynamique, il pourra réussir à être élu le 17 juin.

Cette soirée s’est conclue par un apéritif bien mérité au vu de la chaleur étouffante qui régnait dans le local.

Echos de campagne

J’ai souhaité m’engager fortement aux côtés de mon ami Jacky Gérard.
Les militants saint-rémois ont commencé à distribuer dans toutes les boîtes aux lettres de la ville un appel à voter pour notre candidat que vous trouverez ici.

Mercredi 23, le candidat Jacky Gérard et sa suppléante Michèle Allard étaient présents sur le marché entre 10h et 12h accompagnés par les élus municipaux, Yves Faverjon, Maria Calot et moi-même. L’accueil des Saint-Rémois a été sympathique et chaleureux. Les questions, remarques, interpellations auprès des candidats ont concerné prioritairement les problèmes de logement, d’emploi et de pouvoir d’achat.

Nous donnons rendez-vous aux personnes intéressées le 7 juin pour une grande réunion publique, salle Jean Macé à Saint-Rémy.

Nouveau revirement sur le calendrier des élections municipales ?

Le calendrier des élections municipales, cantonales et sénatoriales a été modifié en 2005 (lois publiées au JO du 16 décembre). En 2005, majorité et opposition s’étaient alors accordé sur la nécessité de reporter certaines élections pour éviter une concentration de scrutins en 2007.

Les municipales, qui auraient dû avoir lieu en 2007, ont ainsi été repoussées d’un an. Alors que plusieurs proches du président de l’UMP se prononçaient fin 2006 pour un avancement à l’automne 2007 de ces élections, Nicolas Sarkozy a assuré devant le 89e congrès des maires de France : « Après avoir mûrement réfléchi, j’ai décidé que le calendrier des élections municipales, cantonales et sénatoriales ne sera pas modifié ». Cette déclaration date de novembre 2006, il y a six mois !

Une dépêche de l’AFP nous informe maintenant de la possibilité de décaler ces élections à l’automne. Les dates sont d’ailleurs déjà données, 20 et 27 octobre, c’est dire si ce projet est déjà avancé !

Les faits parlent d’eux-mêmes, je ne commenterai donc pas ces revirements incessants, ces engagements qui ne peuvent jamais être crus, qui laissent, vous l’imaginez bien, les élus locaux dans de grandes difficultés, lorsqu’ils gèrent des collectivités, des budgets, des projets, qui, eux, ne changent pas au gré des saisons…

J’interpelle ici publiquement les candidats à la députation de la 15e circonscription. La question est simple : êtes-vous, oui ou non, favorable à un nouveau changement de la date des élections municipales ? Votre réponse intéresse les 700 élus municipaux qui représentent les 35 communes de la circonscription. Avec votre accord, je diffuserai sur mon blog les réponses reçues, afin que chaque citoyen puisse en prendre connaissance.

Piétons / voitures : des avis partagés

La circulation dans le centre ancien suscite de nombreux commentaires, des récriminations et des suggestions. En tant qu’élus, nous avions deux solutions : laisser les choses en l’état, c’est-à-dire ne pas prendre le risque de perturber la situation existante, ou mettre le dossier à l’étude, pour chercher les solutions de nature à améliorer la cohabitation entre les voitures et les piétons.

Nous avons décidé de travailler sur le sujet et de lancer le débat. Sur un sujet aussi sensible, notre devoir est d’écouter les Saint-Rémois et plus particulièrement ceux du centre ville. Bien évidemment, rien ne sera fait contre leur volonté.

La concertation que nous avons mise en place fonctionne très bien. Plus de 350 questionnaires ont été retournés en mairie, près de 80 personnes ont participé à la réunion publique mercredi dernier. Cela ne facilite pas pour autant le travail des élus ! Car les avis apparaissent partagés.

Qui faut-il croire ?
- les questionnaires, à 90 % favorables à une diminution de la place de la voiture dans le centre ancien et à 80 % favorables à une diminution, voire une suppression, des stationnements.
- les avis exprimés lors de la réunion publique faisaient part de réticences à une évolution du plan de déplacement et souhaitant le maintien de la voiture dans le centre ancien.

Parmi les questionnaires, une petite moitié a été complétée par les riverains du centre ville ; ils n’expriment pas des positions très différentes de celles des Saint-Rémois dans leur ensemble.

Si cette concertation nous permet de connaître les préoccupations et les souhaits des Saint-Rémois, elle ne nous fournit pas de réponse toute faite au problème posé.

Il nous reste donc, en tant qu’élus, à tenter de faire la difficile synthèse, à imaginer les solutions nouvelles qui permettront de satisfaire la majorité, et pourquoi pas tous les Saint-Rémois. C’est l’exercice quotidien auquel nous nous livrons, à la recherche du si fameux intérêt général.

Avec les élus, nous relèverons le défi d’imaginer des propositions pour un nouveau plan de déplacements. Nous vous les soumettrons le 23 mai prochain à 18h30, lors d’une nouvelle réunion publique.

« Je vais réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect. »

« Le peuple français s’est exprimé. Il a choisi de rompre avec les habitudes et les comportements du passé. Je vais donc réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect. » (discours de Nicolas Sarkozy, le 6 mai au soir.)

Le lendemain de cette déclaration, Nicolas Sarkozy est parti en croisière sur un yacht à 200 000 € la semaine. Il a souhaité ainsi « prendre du recul pour habiter la fonction présidentielle » !

Cette croisière luxueuse a inspiré un certain nombre de commentaires. Au-delà des journaux habituellement critiques : le Canard enchaîné « Ca commence Malte !« , Libération « Boat people« , des médias plus proches du Président ont fait des commentaires peu amènes. La Provence : « c’est au minimum une faute de goût, et au pire une erreur politique« . Et Gilles Dauxerre, éditorialiste de la Provence, de poursuivre : « Dans un pays qui a toujours un problème avec l’argent et qui soupçonne facilement les élus de toutes les collusions, la croisière de Nicolas Sarkozy, au large de Malte, sur un yacht appartenant au groupe Bolloré fait désordre (…). Le discours sur le travail, l’effort, la morale, cadre mal avec ce début de quinquennat trop clinquant« .

Concernant Nicolas Sarkozy, François Bayrou (voir billet du 27/04) s’inquiétait « de sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques”. Voici donc le premier geste de Nicolas Sarkozy, qui confirme cette collusion. Il part en croisière sur le yacht de M. Bolloré, propriétaire, entre autres, du groupe Havas et de l’institut de sondage CSA…

Quand on est élu à des postes de responsabilité, il me semble qu’il faut avoir un minimum de rigueur. Maire d’une commune soumise à une très forte pression foncière, que penseraient les Saint-Rémois si j’acceptais tels ou tels avantages en nature de la part de promoteurs ou d’entrepreneurs du BTP (ces propositions sont fréquentes : invitations à des concerts, des spectacles, des opéras, des « séminaires » prétextes à des voyages luxueux) ? Les habitants, et en particulier ceux qui sont à la recherche d’un emploi ou d’un logement, pourraient légitimement s’interroger. De la même façon, en tant que rapporteur du budget au Conseil général, je reçois de multiples propositions de la part des banques. Personnellement, je me suis donné comme ligne de conduite de n’accepter que les déjeuners de travail, et si possible à Saint-Rémy, de façon à faire travailler les commerces locaux. Petite anecdote sur ce sujet : en 2005, un promoteur immobilier m’a fait déposer une caisse de champagne sur mon bureau. Je l’ai faite porter à l’hôpital local et ai répondu (par écrit, afin qu’il en reste une trace…) à ce promoteur que les résidents de l’hôpital le remerciaient de la délicate attention qu’il avait eue à leur égard !

Car évidemment, lorsque l’on accepte des avantages, des cadeaux, il est bien difficile de refuser ensuite un service demandé par le donateur de la veille. Si des privatisations sont, par exemple, réalisées dans les prochains mois et que Bolloré fait partie des bénéficiaires, nous pourrons très légitimement nous interroger sur d’éventuels services rendus !

Nicolas Sarkozy est un homme politique qui n’a jamais caché ses relations étroites avec les médias, les grandes entreprises, les people, qui gravitent autour de la politique avec le risque plus ou moins consenti (et mutuel) de s’y confondre. Berlusconi, qui a toujours ignoré les frontières saines et morales, qui doivent exister entre le monde de l’entreprise, les médias et la politique, constate lui-même : « Il m’a pris comme modèle. Comme moi, il veut changer la vieille politique« .

Nicolas Sarkozy a parlé de la France qui souffre, qui se lève tôt, qui travaille dur, de la France « exaspérée ». Je ne crois pas que cet épisode renverse la tendance, et permette à la France de reprendre espoir. Bien au contraire !

Les résultats dans le triangle Rhône-Durance-Alpilles

Dans le triangle Rhône-Durance-Alpilles, sur les 22 commmunes que compte cette zone, Nicolas Sarkozy franchit la part des 60 % dans l’ensemble des communes. Il dépasse même les 70 % dans cinq d’entre elles. Il se situe entre 65 et 70 % dans dix autres et réalise un score inférieur à 65 % dans les six dernières. Les scores les moins importants ont été obtenus dans les communes de Noves (60,74 %) et Saint-Rémy-de-Provence (62,75 %).
La Provence, dans son édition du 7 mai, constate ainsi « la résistance de Saint-Rémy » à la vague bleue qui a déferlé dans le Pays d’Arles. Avec un score de plus de 62 %, ce commentaire peut paraître surprenant. Mais à la lecture des chiffres, ce sont bien dans les deux communes de gauche que les scores du candidat de l’UMP sont les plus faibles.

Tous les chiffres :
Noves 60,94 %
Saint-Rémy-de-Provence 62,75 %
Tarascon 63,13 %
Sénas 63,84 %
Mas-Blanc 64,10 %
Cabannes 64,37 %
Eygalières 64,94 %
Plan d’Orgon 65,55 %
Saint-Andiol 65,74 %
Châteaurenard 66,16 %
Barbentane 66,26 %
Graveson 66,80 %
Eyguières 66,91 %
Saint-Etienne-du-Grès 68,05 %
Eyragues 68,31 %
Verquières 68,44 %
Mollèges 68,47 %
Maillane 70,13 %
Boulbon 71,51 %
Rognonas 72,21 %
Les Baux-de-Provence 73,05 %
Mezoargues 80 %

Deux décennies d’élections à Saint-Rémy

Elu municipal à Saint-Rémy depuis près de 20 ans, j’ai archivé les résultats électoraux de tous les scrutins sur cette période. L’analyse de ces deux décennies me conduit à plusieurs constats :

1°) Depuis 1988, les Saint-Rémois votent à droite aux élections présidentielles, sans exception au 1er et au 2e tour (1988, 1995, 2002, 2007).

2°) Ils font de même aux élections législatives (1988, 1993, 2002), à l’exception de 1997 (cas particulier, le maire de la commune étant candidat, il a bénéficié des traditionnelles « voix du maire » : électeurs qui votent la proximité, en faveur du candidat qu’ils connaissent ; même si le candidat PS a été battu sur la circonscription).

3°) Ils votent plutôt à gauche aux élections locales : aux municipales (1989 : Pampaloni, 1995 : Chérubini, 2001 : Palix, 2005 : Chérubini), aux régionales et cantonales (en 1992 : Gaudin / Pampaloni, en 1998 et 2004 : Vauzelle / Chérubini). Depuis 1995, six des sept consultations locales ont été remportées par des candidats de gauche.

4°) Sur la période (à une exception près, les années 2001-2004, mandat de M. Palix), les Saint-Rémois ont toujours choisi un maire « en opposition » au Président de la République. De 1989 à 1995, M. Pampaloni a effectué son mandat pendant la présidence de M. Mitterrand. En 1995, alors que la présidence basculait à droite en mai avec l’élection de M. Chirac, Saint-Rémy faisait l’inverse en juin, un mois plus tard !, en choisissant la liste Chérubini. Début 2005, les Saint-Rémois ont à nouveau voté aux élections municipales, a contrario de ce qu’ils avaient choisi aux présidentielles de 2002.

5°) Concernant les élections européennes, le choix des Saint-Rémois est particulièrement surprenant et complètement disparate. Ils ont placé en tête : la droite (Baudis) et les divers gauche (Tapie) en 1994, les chasseurs (CPNT) et le PS en 1999, le PS et l’UMP en 2004 !!!

En résumé, on peut dire que depuis 20 ans, les électeurs saint-rémois votent à droite aux élections nationales (présidentielles, législatives), de manière très diverse aux élections européennes et plutôt à gauche (surtout depuis 1995) aux élections locales.

Nicolas Sarkozy est donc élu président de la République. Il réalise un très bon score à Saint-Rémy (62,75 %) se rapprochant ainsi des 63,28 % que j’avais obtenus au cantonales 2004 !!…

Résultats du second tour

A 20h ce soir, les médias ont annoncé les premières estimations du second tour de l’élection présidentielle, confirmant la victoire annoncée de Nicolas Sarkozy.

Je vous livre les chiffres de la commune de Saint-Rémy, fournis par les services municipaux :

Inscrits : 7675

Votants : 6643

Exprimés : 6349

Ségolène Royal : 2365 voix, soit 37,25 %

Nicolas Sarkozy : 3984 voix, soit 62,75 %

Je donne rendez-vous aux électeurs les 10 et 17 juin pour le scrutin législatif. Je vais m’engager fortement aux côtés de Jacky GERARD, conseiller général et maire de Saint-Cannat. Nous avons été candidats ensemble lors des législatives de 2002, j’ai pu apprécier alors son esprit de responsabilité, sa gentillesse et sa compétence.

Je ferai tout pour qu’il arrive en tête lors du premier tour à Saint-Rémy.

« L’étoile a pleuré rose au coeur de tes oreilles » J’avoue ne plus me rappeler s’il s’agit de Rimbaud ou de Verlaine.

Les évêques s’expriment sur la présidentielle

Les évêques ont souhaité attiré l’attention sur un certain nombre de valeurs essentielles dans le débat démocratique en élaborant deux documents, Qu’as-tu fait de ton frère ? et Perspectives pour une société plus juste et fraternelle.

A propos de l’ouvrage Qu’as-tu fait de ton frère ?, Mgr Pontier, évêque de Marseille et vice-président de la Conférence des évêques de France, explique : « Nous voulons réveiller le sens humain et spirituel de la fraternité. Pour cela, nous avons retenu cette interrogation fondamentale pour nous. La Bible s’ouvre rapidement sur cette question et, si aujourd’hui nous la redisons, c’est pour réveiller les consciences humaines dans une humanité où chacun est toujours tenté de penser à lui-même avant les autres. C’est une question fondatrice qui signifie : « Réveille en toi le sens de la fraternité ». C’est tellement difficile de faire place aux idées et aux besoins de l’autre. Pourtant, on devient humain les uns avec les autres, les uns pour les autres, jamais les uns contre les autres. Bien d’autres interrogations sous-tendent cette question : « Que fais-tu de cette démocratie ? Que fais-tu de ton pays ? Que fais-tu des autres pays ? Que fais-tu de ta famille ? »"

L’archevêque-évêque de Lille, Mgr Gérard Defois, explique que le texte « a rencontré des attentes et le besoin de situer le politique sur un autre plan que la seule prise du pouvoir, en le centrant sur des questions fondamentales comme la famille, l’emploi, l’accueil de l’étranger.« 

Gabriel Nissim, dominicain, ancien producteur de l’émission le Jour du Seigneur, fait encore plus clairement le choix de Ségolène Royal en affirmant qu’ »on ne fait pas campagne contre une partie de la population. Nicolas Sarkozy a désigné un certain nombre d’immigrés comme cause de tous les maux, et ce qu’il a dit sur les dispositions génétiques à la pédophilie ou au suicide est inadmissible de mon point de vue de catholique. Un postulant à la magistrature suprême ne peut pas stigmatiser de cette façon-là des catégories de la population. Personnellement, je ne vois pas comment un catholique, même de droite, pourrait voter pour quelqu’un qui exprime des positions d’exclusion. Pour cette raison, le texte de évêques sur le devoir de fraternité envers les frères et soeurs venus d’ailleurs m’a paru très opportun. Malheureusement je pense que ce message n’a été entendu que par un petit groupe de catholiques.« 

Il n’est donc pas vain de le rappeler…

Eric Besson, l’otage phagocyté

Le revirement de l’ancien socialiste Eric Besson, pour lequel on peut parler d’apostasie, me laisse perplexe à plusieurs égards.

En l’espace de trois mois, le député PS (2e circonscription de la Drôme), membre du comité de campagne de Ségolène Royal, a démissionné de son poste de secrétaire national, quitté le PS, publié un livre assassin sur la candidate socialiste, épithalame anticipé de sa mésalliance, et finalement rallié le camp de Nicolas Sarkozy (après l’annonce des résultats du premier tour…) en devenant le coordonnateur du « pôle de gauche » (?!) de l’UMP.

Eric Besson est le maire de Donzère-sur-Drôme, une commune de 4700 habitants. Je m’interroge aujourd’hui sur la réaction des citoyens de gauche qui l’ont réélu maire en 2001 et député en 2002, sur le regard qu’ils lui adressent dans les rues de son village. Je me demande aussi comment la propre majorité municipale de M. Besson, de gauche elle aussi, considère l’allégeance soudaine de celui-ci au chef de file de l’UMP.

Je reste perplexe également devant la façon dont M. Sarkozy exhibe le transfuge, comme par exemple lors de son premier meeting du second tour à Dijon. Acclamé par les militants UMP, Eric Besson m’a rappelé un de ces malheureux otages hagards qui assurent aux télés du monde entier que leurs ravisseurs sont des gens dignes et corrects.

Au-delà du petit jeu des trahisons et des ralliements, somme toute classique, le plus regrettable est que cette alliance contre-nature discrédite la politique, en cédant à un opportunisme peu glorieux au détriment des idées et des convictions. Se prétendre de gauche et rallier ainsi la droite brouille les frontières entre les formations et le message envoyé aux citoyens.
M. Sarkozy lui-même souhaite réhabiliter le débat entre la droite et la gauche et prône une vraie confrontation des idées. Pourtant, avec ce phagocytage d’un homme de gauche, le candidat UMP fait preuve une nouvelle fois de la contradiction éclatante entre ses paroles et ses actes, et jette encore de la poudre aux yeux des électeurs.

Ce dimanche 6 mai, seront-ils dupes ?