François Bayrou sait pour qui il ne votera pas

« Je ne sais pas pour qui je voterai, mais je commence à savoir pour qui je ne voterai pas. »

Ces propos de François Bayrou sont explicites lorsqu’on écoute son discours du 25 avril : « Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisi d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment conduisant une politique d’avantages aux plus riches. (…) Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes de la démocratie et la fracture du tissu social ».

Sans commentaire…

Pour Ségolène Royal et contre Nicolas Sarkozy

Voici le texte que m’ont fait passer des Saint-Rémois, je l’ai trouvé intéressant et pertinent.

Le 6 mai, nous voterons pour Ségolène Royal et contre Nicolas Sarkozy.

Pour, parce que Ségolène Royal porte la parole et la promesse d’une gauche qui a appris de ses échecs et de ses divisions, qui s’est remise en cause, réinventée et renouvelée. Son pacte présidentiel, sa campagne participative et ses engagements socialistes l’ont montré : elle incarne une France qui ne renonce ni à ses valeurs sociales ni à ses ambitions démocratiques, une France en mouvement, ouverte et créative.

Pour, parce qu’elle place la question sociale au centre de ses préoccupations, soucieuse du sort des travailleurs et opposée à l’oligarchie financière. Parce qu’elle s’engage sur une rénovation profonde de nos institutions, mettant fin à l’abus de pouvoir présidentiel et restaurant la démocratie parlementaire. Parce qu’elle représente une France nouvelle, féministe et écologiste, métissée et universaliste, protectrice et dynamique. Parce qu’elle veut une République de tous et de chacun(e), associant l’intérêt général au droit des minorités, combattant toutes les formes de discrimination, soucieuse du sort des autres et de la paix du monde.

Contre, parce que Nicolas Sarkozy incarne une droite durcie et radicalisée, sous le poids de l’extrême droite, de ses peurs et de ses haines. Sa campagne, ses excès et ses provocations l’ont montré, comme l’avait déjà illustré sa virulence au sein de son propre camp face à ses rivaux. Ses discours opportunistes et ses promesses fallacieuses ne sauraient faire illusion : tout lui est bon pour conquérir le pouvoir. Et tout lui sera bon pour le garder. Car nous le savons d’expérience : tant que nos institutions n’auront pas changé, l’Elysée restera un fortin inexpugnable. Confier la présidence de la République à un tel démagogue, c’est donc prendre le risque d’une confiscation durable du pouvoir au profit d’une caste, d’une bande ou d’un clan.

Contre, parce que, loin d’apaiser les crises dont souffre la France, l’élection de Nicolas Sarkozy les aggraverait. La crise sociale d’abord, parce qu’il entend donner beaucoup plus à ceux qui ont déjà trop, augmenter les privilèges privés et réduire les solidarités publiques. La crise politique ensuite, parce qu’il veut renforcer le pouvoir présidentiel, se donner les pleins pouvoirs au détriment de tous les contre-pouvoirs. La crise identitaire enfin, parce qu’il a une vision ethnique, communautariste, voire religieuse, de la politique, celle-là même qui nourrit le désastreux choc des civilisations.

Aux électeurs du Parti communiste et de l’extrême gauche, qui portent une exigence sociale et internationaliste, aux électeurs des Verts et de José Bové, qui portent une exigence écologiste et altermondialiste, aux électeurs de François Bayrou, qui portent une exigence démocratique et éthique, aux électeurs de droite et du centre, qui portent une exigence de sérieux et de modération, nous disons que seule l’élection de Ségolène Royal peut garantir l’ouverture de ces possibles et le dialogue de ces espérances, dans le respect de leur diversité.

Voter contre Nicolas Sarkozy, c’est éviter le péril d’une France en guerre contre elle-même, en conflit et en crise, divisée et déchirée.

Voter pour Ségolène Royal, c’est faire le pari d’une France réconciliée avec elle-même, en dialogue et en ouverture, élevée et apaisée.

Piétons / voitures ?

De nombreux Saint-Rémois nous ont fait part des difficultés de circulation qu’ils rencontrent dans les rues étroites et tortueuses. Avec mon équipe, et particulièrement Yves Faverjon, il m’a semblé qu’il était temps de prendre en compte ces difficultés pour voir comment on pouvait y remédier.
Certains me disent que la solution est simple : il suffirait de fermer et piétonniser le coeur de ville ! Certes, mais dans ce coeur de ville, il n’y a pas que des piétons, il y aussi des riverains : des Saint-Rémois, des familles, des personnes âgées qui vivent là, et des Saint-Rémois qui travaillent.
Il nous a donc semblé essentiel de consulter les Saint-Rémois. A ce jour, aucune décision n’est prise. La position des élus sera déterminée par les réponses recueillies à ces questionnaires et par les deux réunions publiques prévues les 9 et 23 mai.
Personnellement, en tant que citoyen, je répondrai à ce questionnaire pour faire part de mon opinion de pratiquant du centre ville. Mais comme je l’ai dit, sur cette question, il me paraît essentiel de ne pas prendre de décision selon l’avis de tel ou tel, d’un citoyen ou d’un élu. C’est l’avis des Saint-Rémois qui primera. C’est pourquoi je vous incite tous à remplir ce questionnaire (à votre disposition en mairie et dans les commerces du centre) et à le retourner à la mairie. Je compte sur votre participation active !

Questions d’entre 2 tours

En réponse aux questions d’un internaute sur ce blog (Que pensez-vous de l’attitude de Ségolène Royal demandant une alliance avec F. Bayrou ? Estimez-vous que les électeurs de gauche puissent approuver une telle démarche alors que quelques jours auparavant F. Hollande expliquait que F. Bayrou était un candidat de droite ? Doit-on se parjurer et renier ses idées pour gagner ?)

Ségolène Royal a proposé une rencontre et un débat à François Bayrou. Il n’a jamais été question d’alliance, notre candidate propose de rassembler au 2e tour tous les démocrates qui ne veulent pas du modèle de société souhaité par le candidat UMP.

Il est en effet exact de dire que François Bayrou est un candidat issu des rangs de la droite, à laquelle il a toujours appartenu et avec laquelle il a gouverné. Ceci étant dit, le ton de la campagne de M. Bayrou et le programme qu’il a défendu font qu’aujourd’hui, son
positionnement politique paraît plus proche de Ségolène Royal que de Nicolas Sarkozy. Tous ceux qui ont eu l’occasion de suivre la conférence de presse qu’il a organisée hier auront constaté qu’il a attaqué de manière très virulente le candidat de l’UMP et ses méthodes. Ont été évoqués « la resssemblance avec Silvio Berlusconi », « les pressions, le chantage exercés sur les élus UDF comme dans les Hauts-de-Seine… », et la fameuse phrase : « je ne sais pas encore ce que je ferai lors du 2e tour, mais je sais ce que je ne ferai pas », allusion très claire à son refus de voter pour Nicolas Sarkozy.

Pour gagner une élection présidentielle, il est nécessaire de rassembler sur son nom et son programme plus de la moitié des Français. Je ne vois pas en quoi, faire cela aboutirait à renier ses idées. Ségolène Royal s’est présentée au premier tour en proposant aux français un « pacte présidentiel ». Ce pacte est toujours le socle de ses propositions entre les 2 tours, rien n’a été renié. Il pourra éventuellement être enrichi suite à des discussions avec tous ceux qui souhaitent apporter leur soutien à la candidate.

Je crois que l’on se renierait plus en laissant élire Sarkozy, qu’en acceptant de débattre avec François Bayrou.

Dernier point, l’exemple de Saint-Rémy est là pour démontrer que l’on peut gérer (et bien gérer, je crois !) une collectivité en s’appuyant sur une majorité très large et très diverse. Parmi les 23 élus de la majorité municipale, plusieurs ont voté Buffet, Besancenot ou Bové, d’autres Voynet ou Royal, et certains Bayrou…
Je ne vois pas pourquoi il n’en serait pas de même au niveau national.

Non aux machines à voter

Plusieurs Saint-Rémois dont de nombreux amis, férus de nouvelles technologies, m’ont interpellé le jour de l’élection concernant la mise en place de machines à voter dans notre commune. Avant d’avoir pris connaissance des commentaires relatifs au fonctionnement de ces machines, parus dans la presse du lendemain de l’élection, je m’étais permis de leur faire savoir que je n’étais pas favorable à l’installation de ce type de matériel à Saint-Rémy et ce pour les raisons suivantes :
- premièrement, la fiabilité des machines n’est pas encore assurée,
- deuxièmement, la convivialité de l’acte civique du vote ainsi que du dépouillement disparaîtrait en cas d’installation de ce matériel,
- troisièmement, il est important d’avoir à l’esprit que nombre de personnes âgées ont des difficultés pour lire et reconnaître les bulletins, elles préparent donc à l’avance le bulletin du candidat de leur choix parmi ceux qui leur sont adressés dans l’enveloppe électorale ; idem, pour les personnes qui ne savent pas lire, cette partie de la population se retrouverait en grande difficulté face aux machines à voter,
Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, la machine à voter remplace l’isoloir et évite la procédure de dépouillement le soir, mais ne supprime évidemment ni les bureaux de vote, ni les opérations de contrôle de l’identité et de l’inscription sur les listes électorales assurées par les président, vice-président, assesseur, délégué, ni la signature de la liste d’émargement.
Voilà pour les réponses apportées dimanche.

Nous avons tous appris par la suite qu’il y a eu, dimanche, de nombreuses difficultés de fonctionnement avec ces machines. Certaines communes ont terminé leurs opérations de vote plus d’une heure après la fermeture des bureaux. Cela ne fait que me conforter dans mon refus d’installer ce type de machines à Saint-Rémy pour les futurs scrutins. Nous verrons dans quelques années si des systèmes plus fiables, plus accessibles et plus conviviaux sont proposés aux collectivités. Il sera alors peut-être temps de revoir ma position…

Les résultats dans le Pays d’Arles

Après la publication des résultats de l’élection présidentielle sur le Pays d’Arles, on constate que le candidat de l’UMP est arrivé largement en tête dans toutes les communes de la zone sauf à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Dans la moitié des communes du Pays d’Arles, le candidat du Front national est en deuxième position, Ségolène Royal est en second dans l’autre moitié.

Concernant le score de Ségolène Royal, elle obtient son maximum à Arles : 24,91 % et ne dépasse la barre des 20 % que dans 7 des 31 communes du Pays d’Arles : Arles, Saint-Martin-de-Crau 24,3 %, Port-Saint-Louis 22,5 % (communes qui votent traditionnellement à gauche pour les élections nationales), Orgon 21,43 %, Fontvieille 21,5 %, Saint-Rémy-de-Provence 20,18 %, Eygalières 20,01 %.

Je constate donc avec plaisir que le score de Ségolène Royal à Saint-Rémy-de-Provence est tout à fait honorable, dans le contexte particulier du Pays d’Arles qui a connu une forte poussée en faveur de Nicolas Sarkozy.

Les résultats du premier tour à Saint-Rémy

A 20 h ce soir, les médias ont annoncé les premières estimations du premier tour de l’élection présidentielle.

Je vous livre les chiffres de la commune de Saint-Rémy, fournis par les services municipaux et vous trouverez ci-après mes modestes commentaires sur les résultats locaux.

Inscrits : 7675
Votants : 6576
Abstentions : 14,32 %
Blancs/Nuls : 1,08 %
Participation : 85,68 %

SARKOZY : 2422 voix soit 37,23 %
ROYAL : 1313 voix soit 20,18 %
BAYROU : 927 voix soit 14,25 %
LE PEN : 875 voix soit 13,45 %

BESANCENOT : 221 voix soit 3,40 %
NIHOUS : 187 voix soit 2,87 %
DE VILLIERS : 129 voix soit 1,98 %
BUFFET : 125 voix soit 1,92 %
BOVE : 114 voix soit 1,75 %
VOYNET : 93 voix soit 1,43 %
LAGUILLER : 59 voix soit 0,91 %
SCHIVARDI : 40 voix soit 0,61 %

Pour mémoire, je reproduis ci-dessous les résultats du premier tour de la présidentielle en 2002 :

Inscrits : 7330
Votants : 5277
Abstentions : 2053
Blancs/Nuls : 171
Participation : 71,99 %

LE PEN : 1118 voix soit 21,90 %
CHIRAC : 953 voix soit 18,66 %
JOSPIN : 642 voix soit 12,57 %
SAINT-JOSSE : 580 voix soit 11,36 %
BAYROU : 270 voix soit 5,29 %
LAGUILLER : 222 voix soit 4,35 %
MAMERE : 220 voix soit 4,31 %
CHEVENEMENT : 212 voix soit 4,15 %
MADELIN : 178 voix soit 3,49 %
MEGRET : 166 voix soit 3,25 %
BESANCENOT : 159 voix soit 3,11 %
HUE : 155 voix soit 3,04 %
LEPAGE : 99 voix soit 1,94 %
TAUBIRA : 85 voix soit 1,66 %
BOUTIN : 37 voix soit 0,72 %
GLUCKSTEIN : 10 voix soit 0,20 %

Voici mes premiers commentaires.

Premièrement, comme partout en France et plus fortement à Saint-Rémy, la participation a été exceptionnellement haute, 85,68 % dans notre commune. Je tiens donc à féliciter pour leur sens civique l’ensemble des Saint-Rémois qui ont voté.

Concernant les résultats, les cinq candidats en tête à Saint-Rémy respectent le même ordre qu’au niveau national : Sarkozy, Royal, Bayrou, Le Pen, Besancenot, avec des écarts plus accentués dans notre commune.
Le Pen est à Saint-Rémy, comme en France, le grand perdant de ces élections ; il était premier en 2002 dans notre commune, il se retrouve quatrième en 2007.
Le candidat de droite passe de la 2e à la 1e place en multipliant ses voix par 2,5 ; la candidate socialiste, de la 3e à la 2e, en faisant plus que doubler les voix obtenues par Jospin il y a 5 ans. Bayrou passe de la 5e à la 3e place en multipliant ses voix par près de 3,5 !
Autre grand perdant (avec Le Pen) à Saint-Rémy, le candidat de CPNT : en 2002, Saint-Josse réalisait un score de 11,36 % le plaçant à la 4e place, son successeur obtient 2,87 % et se retrouve sixième (il divise son nombre de voix par 3).

Je vous donne rendez-vous demain sur ce blog pour d’autres commentaires.

Lui, il

Le journal Le Parisien – Aujourd’hui en France a publié vendredi le contenu d’une rencontre organisée par le quotidien entre le candidat Sarkozy et huit lecteurs, hommes et femmes, de 21 à 57 ans.

Au-delà du discours classique auquel Nicolas Sarkozy nous a habitués depuis cinq ans, le candidat révèle une nouvelle fois que son « unique véritable sujet de préoccupation est lui-même« , comme le dit cette semaine le magazine Marianne dans le dossier qui lui est consacré.

Dans l’article du journal Aujourd’hui en France, le favori des sondages (jusqu’à dimanche soir…) a en effet prononcé 87 fois le mot « je » et 23 fois le mot « me » ou « moi » dans son entretien qui n’a guère dû dépasser, à en juger la longueur de l’article, trente minutes.

A raison d’un « je » toutes les vingt secondes, ça fait combien sur cinq ans ?

Pourquoi créer un blog si ce n’est pour échanger ?

Ce blog est un espace de dialogue entre le maire et les habitants de Saint-Rémy, entre le conseiller général et les habitants du canton et du département, entre l’homme engagé dans la vie publique et ses concitoyens. A travers ce blog, je veux évoquer mon engagement, mes engagements au quotidien et… quelques cris du cœur. Il me permet surtout de m’adresser directement à vous, au citoyen, à celui qui s’intéresse à la vie publique, à la collectivité.

C’est avec cette ambition que j’ai souhaité tenter l’expérience – assez intimidante – du blog. A partir de cet espace virtuel, j’espère que nous pourrons construire ensemble un dialogue bien réel.

J’ai décidé de ne pas être candidat lors des prochaines élections législatives

La loi, fort justement, limite le cumul des mandats à deux. Aujourd’hui, maire de Saint-Rémy-de-Provence et vice-président du Conseil général, je serais donc dans l’obligation, en cas d’élection, d’abandonner un de ces deux mandats.

Je me suis engagé, auprès des Saint-Rémois, lors des élections municipales anticipées, à ne pas abandonner mes fonctions de maire avant la fin du mandat. Ayant pour habitude de respecter mes engagements, il est donc hors de question de l’envisager.

Depuis maintenant 24 mois, épaulé par une majorité municipale efficace et soudée, et soutenus fortement par le Conseil général, nous avons amorcé le redressement de notre commune. Il ne me paraît pas opportun de briser cet élan : Saint-Rémy a besoin de tranquillité, de stabilité et de continuité.

Par ailleurs, j’ai la chance d’occuper des fonctions passionnantes au sein du Conseil général, qui me permettent de défendre efficacement les intérêts des communes et des habitants de notre canton.

Elu local depuis plus de 18 ans, mon unique ambition est d’être au service de ceux qui m’ont accordé leur confiance. Au-delà des ambitions personnelles, la seule question d’importance est celle-ci : où serai-je le plus utile pour mes concitoyens ?

Malgré les sollicitations et l’opportunité forte de remporter cette élection (le camp d’en face étant très divisé…), je ne serai pas candidat aux futures élections législatives.

« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour » dit le poète.
En choisissant Saint-Rémy plutôt que Paris, je pense démontrer une nouvelle fois, à ceux qui en douteraient encore, l’attachement fort que j’ai pour ma ville, mon canton et mon département.

NB : Ne pas être candidat est une décision personnelle qui ne modifie en rien mon engagement politique. Je soutiendrai de toutes mes forces la candidate désignée par le PS pour mettre fin à cinq années de politique injuste et inefficace qui a bridé la croissance, freiné l’emploi, pillé les collectivités territoriales, creusé les déficits, accru la précarité et les tensions sociales, démoralisé le pays, discrédité l’autorité de l’Etat et isolé la France sur le plan international…

Le droit au logement opposable en suspens

La loi du 5 mars 2007 institue le droit au logement opposable.

La question du logement nous préoccupe tout particulièrement à Saint-Rémy. Nous l’avions écrit dans notre programme en 2005, notre ambition est que Saint-Rémy reste une ville abordable pour ses habitants. C’est pourquoi, dès que nous le pouvons, nous engageons des programmes de logements.

Lorsque nous avons appris qu’un terrain de 14 000 m2, au Clos Domitia, allait être vendu pour réaliser un projet touristique haut de gamme, il nous a semblé bien plus prioritaire d’affecter ce terrain à une opération d’habitat. J’ai donc signé en octobre 2006 un arrêté de préemption de ce terrain.

L’acquéreur initial a attaqué cette décision au tribunal administratif. Le 6 décembre dernier, le juge des référés du tribunal administratif a suspendu l’arrêté municipal, considérant que la motivation de la préemption était insuffisante : la commune n’avait pas de projets suffisamment avancés de construction de logements sociaux. Certes, mais nous ne disposions que d’un délai de quelques semaines pour formuler la demande de préemption. Comment dans ces conditions ficeler un projet si précis ? Le promoteur, quant à lui, a mis plus d’un an pour monter le sien.

Le dossier n’est pas clos. A ce jour, l’arrêté de préemption est seulement suspendu, dans l’attente du jugement sur le fond du dossier, qui devrait être rendu prochainement par le tribunal administratif.

L’intervention de la puissance publique est indispensable pour produire des logements à prix accessibles. Si l’on veut que le droit au logement ne reste pas incantatoire, il sera nécessaire d’ajuster la réglementation pour que les décisions de justice ne rendent pas vaines les initiatives des collectivités.

Un permis de construire non conforme en attente de jugement

Pour de nombreuses raisons, j’ai alerté, en 2004, à titre personnel, le préfet concernant un permis de construire accordé en 2004 sur une parcelle sise à l’angle du chemin Saint-Bernard et l’avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny.

Ce projet aurait dû faire l’objet d’un examen en Commission Départementale d’Equipement Commercial (commission chargée d’approuver ou non l’implantation de nouvelles enseignes commerciales). Le permis de construire indique que la surface de vente sera de 299,92 M2, ce qui est inférieur au seuil minimum de 300 M2 pour la présentation du dossier en CDEC.
En fait, la surface du bâtiment qui doit être construit est près de quatre fois supérieure à la surface de vente. Il suffit de prendre connaissance des plans pour imaginer aisément quelles seront les destinations définitives de ces locaux (espaces intitulés local de dégagement, surface isolée non affectée, réserves). La jurisprudence a déjà donné des éléments d’appréciation à ce sujet.

Le projet n’est pas conforme au Plan d’occupation des sols. La parcelle est en effet située en zone UD.
L’article UD1 précise que les constructions « à usage industriel, à usage d’entrepôts commerciaux, etc… » sont interdites. Or, tel qu’il est présenté, le projet comprend 800 M2 de réserves, entrepôts ou autres.
Quant à l’article UD2, il autorise sous conditions la réalisation de commerces de proximité. La notion de « commerce de proximité » ne possède pas de définition juridique, mais il est certainement difficile de considérer qu’un établissement de 1.190 M2 s’apparente à un « commerce de proximité ».

Rajoutons à ces deux points que le permis déposé a été accordé « en blanc », sans que l’on connaisse exactement l’activité de la future enseigne ! Comment, dans ces conditions, a-t-on pu juger de la conformité de la demande avec le règlement local particulièrement précis concernant les destinations de locaux ?

Au-delà de ces aspects juridiques, plusieurs points pratiques sont problématiques, le premier relatif aux entrées et sorties de véhicules, le second relatif à l’écoulement des eaux.

L’entrée de cet établissement est situé Chemin Saint-Bernard, une voie, très étroite dans laquelle deux véhicules ne se croisent pas, déjà très fréquentée car desservant plusieurs dizaines d’habitations. Cette voie débouche par ailleurs sur un carrefour giratoire complètement saturé (intersection entre la route d’Avignon et la RD 99, déviation Est-Ouest de Saint-Rémy).

Concernant l’écoulement des eaux, le président de l’A.S.A. du Réal (exutoire qui reçoit les eaux du terrain concerné) avait indiqué au pétitionnaire qu’un bassin de rétention à ciel ouvert devait être prévu pour permettre la collecte des eaux, spécifiant dans un second courrier qu’il n’était pas possible de concevoir un bassin enterré. Ni le pétitionnaire, ni le maire n’ont tenu compte de cet avis.

Pour mémoire, en juillet 1999, un permis de grande surface, demandé sur ce même terrain et très ressemblant, avait déjà été refusé pour des problèmes hydrauliques. Les pétitionnaires avaient alors saisi le Tribunal Administratif. Celui-ci a statué le 8 Janvier 2004 en confirmant totalement la décision de la Ville.
Moins de 8 mois plus tard, un permis de même nature est délivré !
Le Tribunal Administratif appréciera….

Serge PAMPALONI, ancien maire et ancien conseiller général, a également alerté le Préfet sur ce dossier. Il est significatif de constater que, dans notre commune, un permis de construire est contesté par deux anciens maires, de bords politiques opposés.

Dans une pétition, les riverains ont aussi fait part de leur inquiétude demandant  des garanties concernant le bruit, l’écoulement des eaux et la circulation autour du centre. Ces différents points ont été complètement occultés dans le permis délivré.

Pour toutes ces raisons, nous sommes nombreux à considérer ce permis de construire comme non conforme. Nous sommes en attente du jugement sur le dossier.

Le référendum d’initiative populaire, un dispositif à simplifier

Comment, en démocratie, peut-on lutter face à un élu qui ne respecte pas les engagements qu’il a pris lorsqu’il était candidat ? On m’objectera que les cas où cela se produit sont rarissimes, que les élus locaux sont dans leur immense majorité des gens sérieux, compétents et respectueux de la parole donnée. C’est juste.

En 2004, nous nous sommes appuyés sur un texte, jamais utilisé, datant de 1995 et qui permet, lorsque plus de 20% des électeurs inscrits sur les listes électorales le demandent, de contraindre le maire à délibérer en conseil municipal au sujet de l’organisation éventuelle d’un référendum sur un sujet précis.

Le 25 avril 2004, Saint-Rémy a été la première commune de France à organiser un référendum d’initiative populaire.

Pourquoi a-t-il fallu attendre neuf ans pour que des citoyens utilisent ce texte, voté dans le cadre de la loi Pasqua en 1995 ?

Pourquoi, alors que de nombreux élus prédisaient qu’avec l’application de ce texte, on ne pourrait plus rien faire dans les communes, il n’y a eu que deux autres référendums d’initiative populaire similaires à celui de Saint-Rémy ?

Pourquoi aussi peu d’initiatives ont abouti, alors que j’ai été contacté par plusieurs dizaines de concitoyens, qui souhaitaient des conseils pour s’opposer à des projets locaux surprenants ?

Tout simplement parce que la formule est trop lourde !

Devoir recueillir 20% des signatures du total des électeurs d’une commune pour obtenir une simple inscription à l’ordre du jour du conseil municipal, sans garantie de résultat puisque l’assemblée souveraine peut voter contre l’organisation dudit référendum, qui lui-même, en cas de résultat positif, n’a aucun caractère décisionnel, constitue un parcours du combattant de la démocratie participative particulièrement dissuasif.

Au cours d’un mandat, un élu peut, bien sûr, changer d’avis concernant un projet. Dans ce cas, il est indispensable de vérifier si l’opinion des électeurs a aussi évolué.

Au vu de l’expérience vécue à Saint-Rémy-de-Provence, il me paraît nécessaire de mettre en place des dispositifs simples, efficaces et représentatifs permettant aux citoyens de se prononcer sur tout projet différent de celui qu’ils ont approuvé lors des élections.

Le débat est ouvert.